Outre-mer : Un début de mois sous le signe des réformes et des échéances électorales

De la signature de l'accord historique pour la Nouvelle-Calédonie à la préparation des municipales dans l'ensemble des archipels, ce début de semaine marque un tournant politique et économique pour les territoires ultramarins.

🏛️ Institutions : Le "Oui" de l'Élysée passe au Sénat

Le dossier calédonien franchit une étape cruciale ce lundi. Deux semaines après la signature de l'accord Élysée-Oudinot, les sénateurs entament l'examen des textes de loi visant à réviser la Constitution. Ce chantier législatif doit graver dans le marbre la nouvelle organisation institutionnelle de l'archipel. Dans les états-majors politiques locaux, la pression monte à l'approche du débat parlementaire, chaque camp scrutant les garanties obtenues.

🗳️ Politique : Sprint final pour les inscriptions électorales

À l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars, l'heure est à la mobilisation citoyenne. Les autorités rappellent qu'il ne reste que 48 heures (jusqu'au 4 février) pour s'inscrire sur les listes électorales par voie numérique. Dans des communes comme Saint-Joseph à La Réunion ou Fort-de-France en Martinique, la campagne s'intensifie avec les premières présentations officielles de listes.

📈 Économie : Du nouveau sur le compte en banque et dans les commerces

Ce 2 février est aussi marqué par le premier jour plein des changements tarifaires mensuels :

  • Épargne : Le passage du taux du Livret A à 1,5% impacte directement les économies des ménages ultramarins.

  • Consommation : C’est la dernière ligne droite pour les soldes d’hiver en Guyane, à Mayotte et en Martinique. Les commerçants, qui affichent des rabais allant jusqu'à 70%, espèrent écouler leurs stocks avant la fermeture définitive demain soir.

🩺 Santé et Climat : Vigilance de mise

Sur le front sanitaire, Mayotte fait face à une recrudescence préoccupante de la bronchiolite, poussant le centre hospitalier de Mamoudzou à renforcer ses capacités d'accueil pédiatrique.

Côté ciel, si le soleil domine largement les Antilles, la Martinique reste attentive à l'état de la mer. Une houle de Nord, longue et énergétique, perturbe le littoral Caraïbe, entraînant des mesures de prudence pour les activités nautiques et les infrastructures de bord de mer.

Entre avancées diplomatiques et enjeux de souveraineté

De Nouméa à Cayenne, en passant par Saint-Denis de La Réunion, l’actualité des territoires d’Outre-mer est marquée cette semaine par des décisions historiques et des débats de société profonds. Tour d’horizon des points clés.

Nouvelle-Calédonie : L’accord « Élysée-Oudinot » entre en vigueur

Le Pacifique franchit une étape cruciale. Après des mois de négociations intenses, l'accord signé le 19 janvier dernier par la ministre Naïma Moutchou commence à se décliner concrètement. Ce texte, qui vise à stabiliser le statut de l'archipel, prévoit une réforme constitutionnelle majeure. L'objectif est clair : sortir de l'incertitude institutionnelle par un partage des compétences renouvelé, avant une consultation locale décisive prévue dans les prochains mois.

Guyane : Le « non » ferme à l'or noir

À Paris, le Sénat a clos le débat sur l'exploration pétrolière offshore en Guyane. Malgré la pression économique exercée par les découvertes record au Guyana voisin, le gouvernement a maintenu son interdiction de forage. Une décision justifiée par l'urgence climatique, mais qui continue de diviser localement entre défenseurs de l'environnement et partisans d'une autonomie économique accrue pour le territoire guyanais.

Mémoire : Justice pour les « enfants de la Creuse »

C'est une page douloureuse de l'histoire réunionnaise qui trouve enfin une reconnaissance législative. L'Assemblée nationale a validé ce jeudi le projet de loi de réparation pour les pupilles de l'État transférés vers l'Hexagone entre 1962 et 1984. Au-delà des indemnités financières, le texte sanctuarise le 18 février comme journée de commémoration nationale, marquant une victoire symbolique pour les associations de victimes.

En bref : Culture et Environnement

  • Musique : Le concours « Voix des Outre-mer » couronne ses nouveaux talents ce soir à l'Opéra Bastille, mettant en lumière l'excellence lyrique des territoires.

  • Écologie : La Martinique et La Réunion accélèrent leur transition vers l'économie circulaire avec de nouvelles consignes de tri plus strictes, visant à réduire l'impact des déchets sur la biodiversité insulaire.

Brèves d'Outre-mer : Un dimanche entre fureur volcanique et ferveur culturelle

Alors que l'Hexagone s'installe dans l'hiver, les territoires ultramarins vivent un week-end intense, marqué par le réveil du Piton de la Fournaise et les enjeux de la transition climatique.

🌋 La Réunion : Le spectacle et la prudence

L’île intense porte bien son nom ce dimanche. Depuis une semaine, le Piton de la Fournaise offre un spectacle majestueux. Les coulées de lave, visibles depuis les sentiers balisés, attirent des milliers de randonneurs et de touristes. Si l'affluence est record, la Préfecture appelle à la plus grande vigilance : les zones interdites de l’enclos restent strictement fermées en raison des risques d’effondrement et de gaz toxiques.

📜 Société : Un tournant pour la Nouvelle-Calédonie

Dans le Pacifique, le climat est plus politique que météorologique. Les discussions s’intensifient suite à la signature récente de l’accord "Ésée Oino". Ce dimanche est l'occasion pour les différentes forces locales de décrypter les implications de ce texte sur l'avenir institutionnel de l'archipel, dans un esprit de dialogue renouvelé avec Paris.

🌡️ Environnement : Le défi climatique s'officialise

La publication d'un décret au Journal Officiel ce 25 janvier fait grand bruit. Ce texte détaille les trajectoires de réchauffement pour les territoires d'Outre-mer, prévoyant des hausses de températures significatives d'ici 2030. Un rappel à l'ordre pour les infrastructures locales qui doivent s'adapter d'urgence à la montée des eaux et à l'intensification des phénomènes cycloniques.

📖 Culture et Nature : Un dimanche citoyen

  • Littérature : Les Nuits de la Lecture s’achèvent ce soir. De Cayenne à Papeete, les bibliothèques ont ouvert leurs portes pour des lectures nocturnes, célébrant le patrimoine oral et écrit des territoires.

  • Biodiversité : Partout dans les jardins créoles et les parcs, les citoyens participent aujourd'hui au comptage national des oiseaux. Un geste simple pour aider les scientifiques à surveiller la santé de la faune locale face aux changements environnementaux.


L'info en + : En Guadeloupe et Martinique, la saison touristique bat son plein sous un soleil radieux, malgré une vigilance sanitaire renforcée contre la grippe saisonnière qui touche actuellement de nombreux foyers.

Entre espoirs institutionnels dans le Pacifique et cures d’austérité à Paris

Par la Rédaction — Publié le 24 janvier 2026

Alors que les rythmes du carnaval commencent à résonner aux quatre coins des DROM, l’actualité ultramarine de ce début d’année est marquée par un contraste saisissant : d'un côté, une avancée historique pour le statut de la Nouvelle-Calédonie, et de l'autre, une inquiétude grandissante face aux coupes budgétaires drastiques prévues pour 2026.

Nouvelle-Calédonie : L'Accord « Élysée-Oudinot » scelle un nouveau destin

C’est l’événement politique majeur de cette semaine. Le 19 janvier dernier, les partenaires calédoniens et l’État ont paraphé l'accord « Élysée-Oudinot ». Ce texte, qui complète les discussions de Bougival, entérine la création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » au sein de la République.

  • Les points clés : Un dégel progressif du corps électoral pour les provinciales et la création d’une nationalité propre.

  • Le calendrier : Les élections provinciales devraient se tenir avant le 31 décembre 2026, marquant la fin d’une longue période d’incertitude institutionnelle.

Budget 2026 : Le « coup de massue » de l'austérité

À Paris, l'ambiance est nettement moins festive. Le Projet de Loi de Finances (PLF) 2026 prévoit une baisse drastique de la mission « Outre-mer », avec une diminution des crédits d'environ 17,7 %. Les élus ultramarins, toutes tendances confondues, dénoncent un « rabot aveugle » qui menace directement l'investissement productif et l'emploi local. Les aides aux entreprises (LODEOM) sont particulièrement visées, faisant craindre une paralysie de secteurs vitaux comme le BTP et le tourisme, déjà fragilisés par l'inflation persistante.

Vie chère : Une loi d'urgence en discussion

Parallèlement aux débats budgétaires, une proposition de loi visant à lutter contre la vie chère est examinée au Parlement. Elle prévoit notamment :

  • La régulation de la concentration des acteurs économiques.

  • Le plafonnement des prix sur une liste élargie de produits de grande consommation.

  • Une baisse de 20 % sur environ 6 000 produits, suite aux protocoles signés fin 2024 en Martinique.

Société : La fièvre du Carnaval et la lutte contre les trafics

En Guyane, le Carnaval 2026 a officiellement débuté le 10 janvier avec l'arrivée de Sa Majesté Vaval à Iracoubo. Les festivités, qui dureront jusqu'au mercredi des Cendres, voient déjà les premières sorties des célèbres Touloulous.

Sur le front de la sécurité, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a annoncé cette semaine une enveloppe supplémentaire de 2 millions d'euros pour lutter contre le trafic d'« ice » en Polynésie française, soulignant que la lutte contre le narcotrafic reste la priorité sécuritaire numéro un du gouvernement pour les territoires.

 

​Grand Angle Outre-mer : Entre tensions politiques et ferveur populaire

De Nouméa à Fort-de-France, en passant par les sommets de La Réunion et les forêts de Guyane, ce début d’année 2026 est marqué par des contrastes saisissants. Si les festivités du Carnaval et les salons agricoles animent la vie sociale, les dossiers institutionnels et sécuritaires restent des défis majeurs pour l’exécutif.

​🏛️ L'Élysée face au mur calédonien

​L’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie traverse une nouvelle zone de turbulences. Vendredi 16 janvier, une réunion cruciale s'est tenue à Paris sous la présidence d'Emmanuel Macron, mais dans un climat pesant : le FLNKS a boycotté le rendez-vous. La coalition indépendantiste rejette toujours l'accord de Bougival signé en juillet dernier et demande que les discussions se recentrent sur le territoire. Malgré cette chaise vide, l’exécutif maintient son calendrier et un document décisif est attendu pour ce lundi 19 janvier afin d’esquisser les contours d’une possible révision constitutionnelle avant la fin de la mandature.

​🎉 Guyane et Antilles : Le Roi Vaval reprend ses droits

​Le contraste est total sur le front culturel. Depuis l'Épiphanie, le Carnaval 2026 a officiellement lancé ses festivités. En Guyane, l’un des carnavals les plus longs au monde a déjà vu défiler ses premières « Touloulous » et les groupes de « Jé Farin ». Ce dimanche 18 janvier, les rues de Cayenne vibrent au rythme des premiers « vidés » d'enfants. Aux Antilles, l’ambiance monte également d’un cran, les groupes de peau et les chars commençant à occuper l’espace public chaque week-end jusqu’au Mercredi des Cendres.

​🍃 La Réunion : Clap de fin pour Miel Vert

​C’est aujourd’hui que se referment les portes de la 42ème édition de Miel Vert à la Plaine des Cafres. Durant 12 jours, le Tampon a été la capitale de l'agriculture réunionnaise, attirant des milliers de visiteurs venus découvrir les produits du terroir des Hauts. Cette édition 2026 a mis l'accent sur l'autonomie alimentaire et le soutien aux éleveurs locaux, dans un contexte de transition agricole de plus en plus pressant.

​🛡️ Sécurité : Bras de fer en Amazonie

​En Guyane, la lutte contre l'orpaillage illégal ne faiblit pas mais se durcit. Les récents bilans de l’opération Harpie font état de la destruction de 88 sites illégaux et 840 carbets depuis le début du mois. Cependant, l’armée s’inquiète de l’agressivité croissante de factions armées venues du Brésil, dopées par un cours de l’or record, ce qui rend les interventions en forêt de plus en plus périlleuses pour les forces françaises.

​💰 Économie : Du nouveau pour Mayotte

​Sur le plan social, le 1er janvier 2026 a marqué une étape importante pour Mayotte avec l'entrée en vigueur de la réduction générale de cotisations patronales (RGCP) rénovée. Le département voit également se profiler l'extension de l'exonération LODéOM pour juillet prochain, une mesure très attendue par les entreprises mahoraises pour soutenir l'emploi local.

Le saviez-vous ? La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a placé l'année 2026 sous le signe de la « méthode de l'exécution », promettant que les décisions prises en conseil des ministres se traduiront plus rapidement par des changements concrets dans le quotidien des citoyens ultramarins.

La Réunion : Entre accalmie cyclonique et éveil volcanique, un week-end sous haute surveillance

SAINT-DENIS – Alors que le cyclone intense Dudzai s'éloigne des côtes, les Réunionnais gardent un œil rivé sur le Piton de la Fournaise, toujours en alerte. Sur le front politique, la course aux municipales s'accélère à travers toute l'île.

Météo : Le cyclone Dudzai évite le choc direct

Bonne nouvelle sur le front des intempéries. Le cyclone tropical intense Dudzai, qui faisait peser une menace sur les Mascareignes en milieu de semaine, semble confirmer une trajectoire salvatrice. Selon les dernières prévisions de Météo-France, le système devrait passer à environ 300 km au sud-est de La Réunion dans la nuit de lundi à mardi.

Si la menace directe est écartée, la prudence reste de mise sur le littoral. Une houle cyclonique et des vents forts sont attendus dès demain, rendant la mer particulièrement dangereuse. Les autorités appellent à la plus grande vigilance aux abords des zones côtières.

Le Volcan sous tension : L’enclos reste fermé

Au sud-est de l'île, le spectacle pourrait venir de la terre. Depuis le 1er janvier, le Piton de la Fournaise est en phase d'alerte 1 ("Éruption probable ou imminente"). Bien que l'activité sismique ait marqué un léger ralentissement ces derniers jours, le gonflement de l'édifice persiste, signe que le magma continue de pousser vers la surface. L’accès à l’enclos demeure strictement interdit par arrêté préfectoral, au grand dam des randonneurs mais pour la sécurité de tous.

Municipales 2026 : La campagne bat son plein

À moins de deux mois du scrutin, les candidats multiplient les démonstrations de force ce week-end :

  • À Saint-Leu, la bataille s’annonce acharnée avec l’entrée en lice officielle de plusieurs prétendants, dont Rahfick Badat et Aurélie Lauret, face au maire sortant Bruno Domen.

  • À Saint-Paul, Didier Robert reçoit le soutien officiel du Rassemblement Citoyen, marquant une étape clé dans sa reconquête.

  • À Sainte-Suzanne, Nadia Ramassamy a officialisé sa candidature, promettant un renouvellement politique pour la commune.

Vie chère : Un léger répit à la pompe

Sur le plan économique, les automobilistes respirent un peu en ce début d'année. Grâce au repli des cotations internationales, les prix des hydrocarbures affichent une baisse au 1er janvier : le sans-plomb s'établit à 1,56 €/l et le gazole à 1,23 €/l. La bouteille de gaz reste, quant à elle, bloquée au tarif solidaire de 18 € grâce au maintien des aides de la Région.

En bref...

  • Social : Les recherches se poursuivent pour retrouver Nicolas Aulezy, disparu dans les hauts de Sainte-Marie depuis le début du mois. Une battue citoyenne est organisée ce week-end.

  • Éducation : Malgré les alertes météo passées, la rentrée scolaire s'est déroulée normalement, bien que certains établissements des Hauts surveillent de près l'état des radiers.

Outre-mer : Entre crises budgétaires et défis institutionnels, un début d'année sous haute tension

PARIS – Alors que l'année 2026 s'ouvre, les territoires ultramarins se retrouvent au cœur d'une actualité dense. Entre les discussions cruciales sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie à l'Élysée et la fronde des élus contre les coupes budgétaires nationales, le fossé semble se creuser entre l'Hexagone et ses périphéries.

Le dossier calédonien : Un dialogue à deux vitesses

Depuis hier, le Palais de l'Élysée est le théâtre de réunions décisives pour l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. Six mois après les avancées de l'accord de Bougival, le climat reste électrique. Si les non-indépendantistes sont présents en force, l'absence physique des leaders du FLNKS pèse sur les échanges. Le gouvernement tente de maintenir un cap étroit : graver dans le marbre un nouveau statut institutionnel d'ici mars 2026, tout en évitant une rupture totale avec les forces indépendantistes qui dénoncent un calendrier trop serré.

Budget 2026 : La colère des territoires

À l'Assemblée nationale, le ton monte autour de la mission « Outre-mer ». Le Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2026 impose une cure d'austérité qui ne passe pas.

  • Défiscalisation en péril : Les acteurs économiques de Guyane et des Antilles s'inquiètent d'un « coup de rabot » sur les aides à l'investissement, moteur essentiel de l'emploi local.

  • Services publics : Des baisses de crédits sont redoutées pour la continuité territoriale, rendant le prix des billets d'avion — déjà au cœur des tensions sociales — encore plus instable.

Mayotte et La Réunion : L'urgence climatique et sociale

Dans l'Océan Indien, l'actualité est dictée par les éléments et les reconstructions.

  • À Mayotte, un an après le passage dévastateur du cyclone Chido, le suivi des chantiers de reconstruction reste poussif, alimentant l'exaspération d'une population déjà confrontée à une crise sécuritaire chronique.

  • À La Réunion, la vigilance est de mise en cette saison cyclonique particulièrement active. Des pluies torrentielles ont forcé les autorités à suspendre plusieurs activités scolaires cette semaine, rappelant la vulnérabilité de l'île face au dérèglement climatique.

Culture : Un Carnaval 2026 comme exutoire

Malgré la grisaille économique, les Antilles vibrent depuis quelques jours au rythme des premières parades du Carnaval. En Guadeloupe comme en Martinique, cette édition 2026 est perçue comme un exutoire nécessaire face aux tensions sociales persistantes sur la vie chère. Les groupements de rue promettent des thématiques très politiques, ciblant notamment la gestion de l'eau et les prix alimentaires.


L'info en plus : Une nouvelle réglementation européenne sur la pêche de loisir entre en vigueur ce mois-ci, imposant aux pêcheurs ultramarins de déclarer leurs prises via une application mobile, une mesure jugée déconnectée des réalités locales par les associations de pêcheurs.

Outre-mer : Entre défis climatiques, enjeux sociaux et effervescence culturelle

En ce début d'année 2026, l'actualité des territoires ultramarins est marquée par une dualité persistante : d'un côté, une vigilance accrue face aux phénomènes météorologiques et à la cherté de la vie ; de l'autre, une vitalité culturelle portée par les préparatifs de grands événements populaires.

Pacifique : Menace cyclonique et enjeux politiques

L'attention est actuellement rivée sur la Nouvelle-Calédonie, où les services météorologiques surveillent de près une dépression tropicale au nord de la Grande Terre. Ce risque climatique s'ajoute à un agenda politique chargé : un sommet crucial doit se tenir à l'Élysée en fin de semaine pour dessiner les contours de l'avenir institutionnel de l'archipel.

En Polynésie française, l'heure est à la reprise. Après les fêtes, 47 000 élèves ont retrouvé le chemin de l'école. Parallèlement, le gouvernement local tente de stabiliser le pouvoir d'achat via des ajustements sur la TVA, une mesure scrutée de près par les organisations syndicales.

Antilles-Guyane : La lutte contre l'inflation en ligne de mire

En Martinique, les premiers résultats du protocole de lutte contre la vie chère se font sentir avec une baisse observée sur une centaine de produits de grande consommation. Cette accalmie économique permet à l'île de se tourner vers la préparation du Carnaval 2026, dont les répétitions battent déjà leur plein dans les rues de Fort-de-France.

En Guadeloupe, l'actualité est plus sécuritaire après d'importantes saisies de contrebande en mer, tandis qu'en Guyane, les autorités renforcent la surveillance des frontières alors que la "petite saison des pluies" commence à impacter les infrastructures routières.

Océan Indien : Reconstruction et traditions

À Mayotte, le dossier de la reconstruction reste la priorité absolue, un an après les dégâts causés par le cyclone Chido. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a réaffirmé l'engagement de l'État pour rattraper les retards structurels du 101e département français.

Enfin, à La Réunion, l'ambiance est à la fête agricole. Le salon Miel Vert, véritable institution sur l'île, attire des milliers de visiteurs à la Plaine des Cafres, mettant en lumière le savoir-faire des éleveurs et producteurs locaux malgré les débats récents sur la fiscalité des produits transformés.

En bref

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié cette semaine un avis d'urgence, appelant à une accélération massive des investissements pour adapter les ports et aéroports d'Outre-mer à la montée des eaux, un défi qui sera le fil rouge de cette année 2026.

 

​Outre-mer : Entre éclats lyriques à Paris et sanctuaires préservés en Martinique

Le 29 janvier 2026 marquera un tournant pour la scène culturelle et environnementale des Outre-mer. Alors que l’Opéra Bastille s’apprête à accueillir les plus grandes voix ultramarines, la Martinique renforce la protection de son joyau naturel : la presqu'île de la Caravelle.

​La "Voix des Outre-mer" : Une 8ème édition sous les projecteurs

​L’effervescence monte dans le monde de l’art lyrique. Le 29 janvier 2026, l’Auditorium de l’Opéra Bastille sera le théâtre de la finale nationale du concours "Voix des Outre-mer". Créé par le contre-ténor Fabrice di Falco, ce tremplin devenu incontournable vise à briser les plafonds de verre qui freinent trop souvent les talents des territoires lointains.

​Pour cette 8ème édition, le jury, présidé par des figures telles qu'Alexander Neef et parrainé par la mezzo-soprano Marie-Nicole Lemieux, devra départager des finalistes d'exception. Parmi les noms déjà très suivis, on retrouve :

  • Nelson Charles (Martinique)
  • Cessia Ramassamy (Guyane)
  • Angerick William (Guadeloupe)
  • Elisha Kingue Lobe Passe (La Réunion)
  • Elikya Tsimba Vacheret (Mayotte)

​L'événement, diffusé en direct sur France 4 et La1ere.fr, promet une soirée où le répertoire classique rencontrera l'identité profonde de chaque territoire.

​Nature : La Caravelle s'agrandit pour protéger ses trésors

​Pendant que les voix s'élèvent à Paris, la terre martiniquaise se protège. Le gouvernement a officialisé par décret l'extension de la Réserve naturelle nationale de la presqu'île de la Caravelle. Initialement limitée à 395 hectares terrestres, elle s'étend désormais sur 636 hectares en intégrant la Baie du Trésor.

​Cette extension n'est pas qu'administrative, elle est vitale. Elle permet d'englober des écosystèmes marins et côtiers cruciaux :

  • Mangroves et herbiers : Des zones de nurserie essentielles pour la faune marine.
  • Biodiversité endémique : Le sanctuaire protège spécifiquement le Moqueur gorge-blanche, un oiseau unique au monde et gravement menacé.
  • Gestion durable : La nouvelle réglementation limite désormais strictement la circulation motorisée et encadre les activités touristiques pour préserver la quiétude des lieux.

​Un double héritage à préserver

​Qu'il s'agisse de porter la puissance d'un air d'opéra ou de sauvegarder une forêt sèche millénaire, ces deux actualités soulignent une même ambition : la reconnaissance de l'excellence et du patrimoine des Outre-mer.

Le saviez-vous ? Axelle Saint-Cirel, lauréate de ce concours, avait ému le monde entier en interprétant la Marseillaise lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024.

 

Grand Angle Outre-mer : Entre reconstruction, dialogue politique et vigilance climatique

PARIS / NOUMÉA / MAMOUDZOU – Ce jeudi 8 janvier 2026, l’actualité dans les territoires d'Outre-mer est marquée par une accélération du calendrier politique et des enjeux sanitaires persistants. De la Nouvelle-Calédonie à Mayotte, tour d'horizon des dossiers qui font la une.

Politique : La Nouvelle-Calédonie face à son destin

​Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, sous la présidence d'Alcide Ponga, a tenu ce mercredi une réunion charnière pour l'examen du budget 2026. En ligne de mire : le sommet politique convoqué par Emmanuel Macron à Paris le 16 janvier. L'enjeu est historique puisqu'il s'agit de graver dans la Constitution française un nouvel accord de stabilité. Ce projet prévoit la création d'une "nationalité calédonienne" et un pacte de refondation économique axé sur la filière nickel, afin de tourner définitivement la page des tensions passées.

Société : Mayotte, un an après le chaos de "Chido"

​Treize mois après le passage dévastateur du cyclone Chido (décembre 2024), l'heure est au bilan de la reconstruction. Si 100 % des foyers ont retrouvé l'électricité, la situation sociale reste critique. Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, a réaffirmé la priorité accordée à la "convergence sociale", visant à porter le SMIC mahorais à 87,5 % du niveau hexagonal. Cependant, sur le terrain, les associations s'inquiètent : le manque de salles de classe et l'insalubrité dans les mangroves de Mamoudzou alimentent un sentiment d'abandon, alors que 90 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté.

Météo : Les Antilles sous les eaux

​La vigilance est de mise en ce début d'année dans le bassin caribéen. La Guadeloupe a été placée en alerte jaune pour fortes pluies et orages, avec des cumuls ayant déjà atteint 60 mm en quelques heures sur la Grande-Terre. En Martinique, une vigilance orange a été déclenchée par endroits face à des bandes pluvieuses intenses et des risques de submersion. Ces épisodes de "panne d'alizé" perturbent le début de la haute saison touristique, bien que les professionnels restent optimistes pour la suite du mois.

En bref : Culture et Environnement

  • Voix des Outre-mer : La 8e édition du prestigieux concours lyrique prépare sa finale nationale. Elle se tiendra le 29 janvier prochain à l'Opéra Bastille. Douze finalistes s'affronteront pour succéder aux talents des années précédentes.
  • Biodiversité : 2026 marque l'entrée en vigueur du traité mondial BBNJ pour la protection de la haute mer. Un enjeu majeur pour les ZEE (Zones Économiques Exclusives) françaises, notamment dans le Pacifique où la protection des coraux devient une urgence absolue face au réchauffement des eaux.
  • Réunion : Le salon Miel Vert a ouvert ses portes ce matin à la Plaine des Cafres. Cet événement phare de l'agriculture réunionnaise attend des milliers de visiteurs jusqu'au 18 janvier.

Budget 2026 : Le "choc de rigueur" qui fait trembler les Outre-mer

PARIS – Entre coupes budgétaires drastiques et promesses de réformes institutionnelles, la ministre Naïma Moutchou a présenté ses vœux dans un climat de haute tension. Avec une baisse de 17 % des crédits alloués aux territoires périphériques, l’année 2026 s’ouvre sous le signe de l’incertitude économique.

C’est une douche froide pour les élus des Outre-mer. Alors que les territoires se remettent à peine d'une année 2025 marquée par des crises climatiques et sociales intenses, le Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2026 sonne l'heure de l'austérité. Avec seulement 2,9 milliards d'euros en autorisations d'engagement, la mission « Outre-mer » subit une cure d'amaigrissement sans précédent.

L’emploi et l’investissement en ligne de mire

Le cœur du réacteur économique ultramarin est directement visé. Le dispositif LODEOM, qui permet des exonérations de charges patronales pour soutenir l'emploi local, voit ses crédits amputés de 16 %. Pour les chefs d'entreprise de Martinique, de Guadeloupe ou de La Réunion, la crainte d'une hausse brutale du coût du travail est réelle, faisant peser une menace sur la stabilité sociale de zones déjà fragiles.

La défiscalisation, levier historique de l'investissement productif, n'échappe pas au rabot budgétaire, malgré les multiples amendements déposés par les députés ultramarins en fin d'année dernière.

Naïma Moutchou : "Le cap de la responsabilité"

Face à la grogne qui monte, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, tente de rassurer. Lors de ses vœux prononcés rue Oudinot, elle a martelé une volonté de « stabilité par l'exécution ». Son calendrier est clair :

  • Mayotte : Priorité absolue à la reconstruction post-cyclonique et à l'application de la loi de programmation.

  • Antilles et Pacifique : Poursuite des dialogues sur l'autonomie et l'évolution institutionnelle, notamment en Nouvelle-Calédonie où l'État doit encore panser les plaies des émeutes de 2024.

Vers une nouvelle loi sur la vie chère ?

Pour tenter d'éteindre l'incendie social, la ministre a annoncé l'examen prochain d'une loi visant à encadrer plus strictement les marges commerciales et les coûts de logistique maritime. Un dossier brûlant alors que l'inflation reste le premier sujet de préoccupation des citoyens d'Outre-mer.

L'année 2026 s'annonce donc comme une année charnière : celle où l'État devra prouver qu'il peut faire "mieux avec moins", au risque de voir la fracture territoriale s'agrandir davantage.

Nouvelle-Calédonie : L’État condamné face aux stigmates de 2024, le dialogue sous perfusion

NOUMÉA – Dans un climat encore lourd de l'ombre des émeutes, la justice a tranché : l’État est reconnu responsable d’un « défaut de sécurité » lors des événements de mai 2024. Alors que les indemnisations se chiffrent en millions, une mission de facilitateurs tente, dans l'urgence, de sauver le fragile processus de paix.

C’est un séisme juridique qui vient de secouer les fondations du Haut-Commissariat à Nouméa. Le tribunal administratif a rendu un verdict sans appel : en ne déployant pas les effectifs de sécurité nécessaires entre le 15 et le 17 mai 2024, malgré des alertes de renseignement « précises et convergentes », l’État a commis une faute.

Une facture colossale pour l'État

Cette décision n'est pas que symbolique. Elle s’accompagne d’une première condamnation à verser 28 millions d’euros (3,3 milliards de francs CFP) à l'assureur Allianz. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg : ce jugement ouvre la voie à des centaines d'autres recours déposés par des commerçants et des particuliers dont les outils de travail ont été réduits en cendres. Pour l'État, le coût financier de la crise de 2024 risque de s'alourdir considérablement en ce début d'année 2026.

L'Accord de Bougival sur une ligne de crête

Sur le front politique, l'heure est à la "diplomatie de la dernière chance". La mission de facilitateurs, menée par l'ancien Haut-Commissaire Thierry Lataste, multiplie les rencontres pour consolider l'Accord de Bougival.

Signé à l'été 2025, ce texte propose une voie médiane : la création d'un statut de « Souveraineté Partagée ». Mais le consensus s'effrite. Si le retour sur le territoire de Christian Tein a permis de ramener les indépendantistes à la table des discussions, la frange la plus radicale reste sceptique.

Un calendrier sous haute tension

Le défi est immense pour les médiateurs. Ils doivent stabiliser le terrain avant deux échéances capitales :

  1. Le référendum de confirmation, dont la date glisse de plus en plus vers le second semestre 2026.

  2. Les élections provinciales, fixées à juin prochain, qui feront office de test de popularité pour le nouvel accord.

Entre une économie à genoux et une justice qui pointe les défaillances de Paris, la Nouvelle-Calédonie cherche désespérément un second souffle. La réussite de cette mission de facilitation est désormais perçue comme l'unique rempart contre une reprise des tensions.

Océan Indien et Antilles : Un mois de janvier entre ferveur, vigilance et soulagement

De la Plaine des Cafres aux rues de Pointe-à-Pitre, les Outre-mer vivent un début d'année 2026 intense. Alors que La Réunion oscille entre la fête agricole et les caprices de son volcan, la Guadeloupe célèbre le retour d'un de ses enfants et le lancement de sa saison la plus colorée.

La Réunion : Le terroir en fête sous l'œil du volcan

À la Plaine des Cafres, le compte à rebours est lancé. Mercredi 7 janvier, le festival Miel Vert ouvrira sa 42ᵉ édition. Pour cette année 2026, l'événement reste le poumon économique des Hauts, avec ses 600 animaux et ses 200 exposants. Malgré l'absence de volailles pour raisons sanitaires, le programme s'annonce riche : élection de Miss Plaine des Cafres le 9 janvier et une série de concerts allant du maloya au reggae.

Toutefois, la nature rappelle sa présence. Après une alerte de niveau 1 déclenchée le 1er janvier suite à une crise sismique majeure, le Piton de la Fournaise a retrouvé une phase de "vigilance" le 2 janvier. Si l'accès à l'enclos reste strictement interdit par préfecture, l'Observatoire (OVPF) avertit : une éruption reste "probable à moyen terme" face à la pressurisation continue du réservoir magmatique.

Antilles : Les premiers échos du Carnaval

Juste après l'Épiphanie, les Antilles ont basculé dans la ferveur. En Guadeloupe, le "Bain démarré" du 1er janvier a laissé place aux premières parades officielles. Dimanche 4 janvier, Pointe-à-Pitre a vibré pour la "Parade des Rois", marquant la présentation du Roi Vaval. Les "groupes à po" ont déjà pris possession des rues, lançant une saison qui culminera à la mi-février.

En Martinique, l'ambiance n'est pas en reste avec le lancement du "Festy'Roi" au Lamentin ce même dimanche. Pour les deux îles, ce carnaval 2026 est perçu comme une parenthèse nécessaire pour renforcer la cohésion sociale après une fin d'année 2025 marquée par des débats budgétaires houleux.

Justice : Steve Rouard, le retour tant attendu

C’est sans doute l'épilogue le plus attendu en Guadeloupe. Détenu au Togo depuis juin 2025, le jeune Guadeloupéen Steve Rouard a été libéré le 3 janvier dernier.

Après sept mois d'un imbroglio judiciaire complexe qui a mobilisé les élus locaux et la diplomatie française, sa sortie de prison marque une victoire pour son comité de soutien. Son retour sur le sol guadeloupéen, prévu dans les prochains jours, s'annonce comme un moment de forte émotion nationale pour l'archipel.

 

Mayotte un an après Chido : reconstruction, défis sociaux et nouvelles avancées

Mayotte (Océan Indien), le 31 décembre 2025 — Un an après le passage dévastateur du cyclone Chido qui a frappé l’île le 14 décembre 2024, Mayotte continue de faire face à de graves conséquences sociales, économiques et humaines. Le bilan du cyclone reste lourd : des infrastructures largement endommagées, des quartiers encore marqués par la catastrophe et une population qui peine à se relever malgré les plans de reconstruction nationaux et européens. �

CNEWS

Les pouvoirs publics français ont multiplié les initiatives depuis un an. Le gouvernement a lancé le plan « Mayotte Debout », un vaste programme visant à relancer l’économie, restaurer les réseaux d’eau, d’électricité et de télécommunications, et reconstruire logements et bâtiments publics, avec l’appui de l’État et des collectivités locales. � Parallèlement, l’Union européenne a débloqué près de 24 millions d’euros au titre du Fonds de solidarité de l’UE pour soutenir les efforts de relèvement. �

info.gouv.fr

Représentation en France

Sur le plan social, une mesure marquante est entrée en vigueur : à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, les aidants familiaux mahorais bénéficieront enfin de droits à la retraite, une avancée importante dans la reconnaissance du rôle de ces personnes auprès de leurs proches dépendants. �

Outremers360

Malgré ces avancées, la reconstruction reste fragile. Beaucoup de bâtiments publics et de logements privés conservent des traces des destructions, et certains habitants estiment que « rien n’a vraiment été fait » pour redonner pleinement vie à l’île. � La situation financière des communes demeure préoccupante, freinant la capacité locale à financer des projets de reconstruction et d’investissement. �

CNEWS

Banque des Territoires

Sur le plan humain, des initiatives culturelles et solidaires ont vu le jour pour rappeler l’impact du cyclone sur les populations les plus vulnérables : l’exposition « Grandir à Mayotte après Chido », organisée par l’UNICEF France et l’AFP à Paris, met en lumière le quotidien des enfants de l’île et leurs défis quotidiens. �

AFP

Enfin, Mayotte se prépare à vivre une nouvelle saison des pluies avec vigilance, face au risque cyclonique qui demeure, alors que le climat régional reste instable. �

meteofrance.yt

En résumé, un an après le cyclone Chido, Mayotte affiche des progrès tangibles sur le plan institutionnel et social, mais les défis de reconstruction, de solidarité et d’amélioration des conditions de vie restent importants pour la population mahoraise.

Un Noël entre recueillement, urgence climatique et mutations politiques

PARIS / NOUMÉA / SAINT-DENIS – Tandis que l’Hexagone termine les fêtes de fin d’année, les territoires ultramarins traversent une période charnière. Entre le premier anniversaire du cyclone Chido à Mayotte, les drames climatiques en Polynésie et les grandes manœuvres institutionnelles dans le Pacifique et aux Antilles, le panorama de ce 27 décembre témoigne d’une France du « grand large » en pleine transformation.

Océan Indien : La résilience sous surveillance

À Mayotte, l’heure est au bilan. Un an après le passage de Chido, le cyclone le plus destructeur de l'histoire moderne de l'archipel, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a installé mi-décembre le comité de suivi de la « Loi de programmation pour la refondation ». Si la reconstruction est lancée, les défis restent immenses, notamment en matière de logement insalubre.

À La Réunion, c’est le volcan qui dicte le calendrier : le Piton de la Fournaise montre des signes d'agitation depuis le 26 décembre, plaçant l’île en vigilance. Parallèlement, les autorités gardent un œil sur la trajectoire de la tempête tropicale Grant, qui menace le sud-ouest de l'océan Indien.

Pacifique : Le dialogue politique et le deuil

La Nouvelle-Calédonie aborde 2026 dans une attente fébrile. Le gouvernement a récemment dépêché une mission de « facilitateurs » pour tenter de renouer le dialogue entre loyalistes et indépendantistes, après une année 2025 marquée par une économie en berne et des tensions institutionnelles persistantes.

En Polynésie française, les fêtes sont assombries par le drame d'Afaahiti (Tahiti), où un glissement de terrain massif a coûté la vie à sept personnes à la mi-décembre. Sur le plan environnemental, le gouvernement local a néanmoins acté une victoire symbolique avec la création d'une réserve naturelle intégrale dans le lagon de Bora Bora.

Antilles et Guyane : Crise sociale et enjeux de santé

L’ambiance est à la vigilance sanitaire en Martinique et en Guadeloupe, toutes deux entrées en phase épidémique de grippe. En Martinique, le mois de décembre a également marqué l'ouverture officielle des travaux sur l'évolution institutionnelle, un chantier de longue haleine visant à donner plus d'autonomie à l'île, dans le sillage des mouvements contre la vie chère qui ont secoué l'année 2024.

En Guyane, l'actualité reste dominée par la lutte acharnée contre l'orpaillage illégal et les enjeux de sécurité intérieure, alors que le département attend avec impatience le décollage de la prochaine mission Ariane 6 depuis Kourou.

Le chiffre : 20 %

C'est la baisse moyenne des prix des produits alimentaires visée en Martinique et Guadeloupe par les accords de fin d'année, un test crucial pour l'apaisement social en 2026.


L'œil de la rédaction : L'année 2025 se referme sur un paradoxe. Si l'État affiche une volonté de « refondation » (à Mayotte ou via le PLF 2026), les territoires restent confrontés à une vulnérabilité climatique croissante et à un sentiment d'éloignement social persistant. Le basculement vers 2026 sera avant tout celui de l'application concrète des promesses législatives.

Mayotte : Un an après le chaos, l'île entre résilience et refondation

MAMOUDZOU – Un an après le passage dévastateur du cyclone Chido, le 101ème département français tente de refermer ses plaies. Entre chantiers de reconstruction monumentaux, réformes législatives historiques et une situation sanitaire sous surveillance, Mayotte achève l'année 2025 sous le signe d'un nouveau souffle, fragile mais réel.

L’ombre de Chido plane encore

Le 14 décembre dernier, Mayotte a commémoré dans le recueillement le premier anniversaire de Chido, le cyclone le plus puissant depuis 90 ans, qui avait laissé 90 % des infrastructures endommagées. Si le courant et les routes principales ont été rétablis dès le début de l'année, le bilan matériel reste lourd. Le plan « Mayotte debout », doté de plusieurs milliards d'euros, commence à porter ses fruits : 30 millions d'euros ont déjà été injectés dans la remise en état des collèges et lycées, tandis que l'usine de dessalement d'Ironi Bé monte en puissance pour mettre fin aux coupures d'eau chroniques.

2025 : L’année du basculement législatif

L'année qui s'achève restera celle de la « Loi de programmation pour la refondation de Mayotte », promulguée en août. Ce texte acte une transformation profonde :

  • Nouveau statut : Mayotte devient officiellement un « Département-Région » unique.

  • Convergence sociale : Dès le 1er janvier 2026, le SMIC mahorais sera aligné à 87,5 % du niveau national, avec un objectif de parité totale d'ici 2031.

  • Attractivité : Un décret publié ce 24 décembre vient renforcer les bonus d'ancienneté pour les fonctionnaires, afin de pallier le manque de personnel soignant et enseignant.

Sécurité et immigration : le défi permanent

Malgré les efforts de reconstruction, la pression migratoire et l'insécurité demeurent les points noirs. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, en visite mi-décembre, a réaffirmé la fermeté de l'État avec le durcissement des conditions d'obtention de titres de séjour et une lutte accrue contre les reconnaissances frauduleuses de paternité. Sur le terrain, les opérations de lutte contre l'habitat insalubre se poursuivent, bien que les tensions avec les populations délogées restent vives dans certains quartiers informels comme celui de La Vigie.

Vigilance sanitaire

Sur le front de la santé, l'ARS reste en alerte. Si l'épidémie de chikungunya qui a frappé l'île cette année semble ralentir (environ 1 200 cas cumulés), la circulation virale reste active. Parallèlement, les autorités surveillent de près la recrudescence des maladies hydriques, conséquence directe de la précarité persistante de l'accès à l'eau potable pour une partie de la population.


L'œil de la rédaction : En ce dernier week-end de l'année, Mayotte ne regarde plus seulement vers l'arrière et les décombres de 2024. Avec la promesse d'une "piste longue" pour l'aéroport en 2026 et un alignement social enfin acté, l'île espère que 2026 sera l'année de la stabilité.


À noter : Un incident électrique majeur a perturbé plusieurs quartiers de Grande-Terre ce 23 décembre ; la situation est en cours de normalisation selon la préfecture.

Outre-mer : Entre ferveur des fêtes et défis structurels, le bilan d’une fin d’année sous tension

Alors que les territoires ultramarins célèbrent Noël dans une ambiance de solidarité, l’heure est également au bilan. Entre la visite marathon de la ministre Naïma Moutchou, la lutte persistante contre la vie chère et la clôture de l’Année de la Mer, les dossiers chauds ne manquent pas pour 2026.

Par la Rédaction

En ce jour de Noël, les Antilles, la Réunion et le Pacifique résonnent au son des cantiques et des repas de famille. Mais derrière les festivités, l’actualité politique et économique reste dense. Pour sa première fin d’année à la tête du ministère, Naïma Moutchou a marqué sa volonté d’être une ministre « de terrain et d’action ».

🏛️ Mayotte et Nouvelle-Calédonie : les priorités ministérielles

Le mois de décembre a été marqué par le déplacement officiel de la ministre à Mayotte. Un an après le passage dévastateur du cyclone Chido, l’heure est à la reconstruction. La ministre a réaffirmé l'engagement de l'État avec une programmation de 4 milliards d'euros sur six ans, tout en durcissant le ton sur la lutte contre l’immigration clandestine via de nouveaux moyens technologiques (radars et drones).

En Nouvelle-Calédonie, la situation reste complexe. Si le calme est revenu, le dialogue institutionnel est toujours à la recherche d’un second souffle. La ministre a insisté sur la nécessité de « débloquer l’avenir » sans bâtir d’illusions, alors que le territoire fait face à une crise économique sans précédent et à des réflexions profondes sur son autonomie financière.

💰 Vie chère : un combat de longue haleine

La question du pouvoir d’achat reste le premier sujet de préoccupation des foyers.

  • En Guadeloupe, les derniers chiffres de l'INSEE confirment une inflation de 1,2 % sur un an, tirée par une hausse des prix de l'alimentation (+0,6 % pour le seul mois de novembre).

  • En Martinique, les protocoles signés en 2024 commencent à montrer des résultats mitigés, poussant le gouvernement à faire de la « péréquation des frais d’approche » une priorité du budget 2026 pour faire baisser le prix des produits de première nécessité.

🌊 2025, l'Année de la Mer : un bilan en demi-teinte

L'année 2025 s'achève sur la célébration de Saint-Martin, territoire à l'honneur pour le dernier mois du « Relais des Outre-mer ». Si cette opération a permis de mettre en lumière la biodiversité exceptionnelle des territoires (80 % de la biodiversité française), le bilan scientifique publié par l'Observatoire national de la biodiversité (ONB) est alarmant : seuls 5 % des habitats marins sont jugés en bon état, et le blanchissement corallien s'accélère.

🎄 Solidarité malgré les crises

Malgré ces nuages, l'esprit de Noël prévaut. En Guadeloupe, l'initiative du "Noël itinérant" a fêté ses 10 ans, apportant cadeaux et chants dans les couloirs du CHU pour les patients isolés. Une parenthèse nécessaire avant d'entamer une année 2026 qui s'annonce décisive sur le plan budgétaire pour l'ensemble des territoires.


À retenir pour 2026 : * L'entrée en vigueur du nouveau statut de l'élu local (promulgué ce 22 décembre).

  • Le débat sur les crédits de la mission « Outre-mer », en baisse pour la première fois en cinq ans.

BLACK-OUT : Mayotte plongée dans le noir à l'approche de Noël

Un incident technique majeur survenu ce mardi 23 décembre à la centrale de Longoni a provoqué une coupure générale d'électricité sur l'ensemble de l'archipel. Si le courant revient progressivement, le traumatisme d'un réseau fragile, un an après le cyclone Chido, reste vif.

MAMOUDZOU – Il est 13h35 lorsque le « 101e département » s'est brutalement arrêté de fonctionner. Un défaut grave sur un transformateur d'évacuation de la centrale électrique de Longoni a déclenché une réaction en chaîne, entraînant la déconnexion successive de tous les groupes électrogènes de l'île. En quelques minutes, des dizaines de milliers de foyers et d'entreprises se sont retrouvés sans courant.

Un réseau sous haute tension

La préfecture de Mayotte, qui a immédiatement activé une cellule de suivi, a qualifié l'incident de « grave ». Sur le terrain, les techniciens d'Électricité de Mayotte (EDM) ont dû batailler avec plusieurs tentatives de relance infructueuses avant de stabiliser les premières lignes aux alentours de 16h30.

« Nous avons mobilisé l'ensemble des équipes disponibles pour une reprise secteur par secteur », indique EDM. À 19h00, environ 75 % des clients avaient retrouvé l'usage de la lumière et de leurs appareils, principalement dans les zones du Nord, du Centre et de Petite-Terre.

L'effet domino : eau et télécoms impactés

Au-delà de l'obscurité, c'est toute l'infrastructure de l'île qui a vacillé. Privées d'énergie, les pompes du réseau d'eau potable ont cessé de tourner, provoquant des coupures sèches dans plusieurs communes déjà éprouvées par les tours d'eau réguliers.

Le réseau mobile a lui aussi montré ses limites : sans alimentation, de nombreuses antennes relais sont tombées en panne, isolant une partie de la population. Les autorités ont dû appeler les résidents à ne pas saturer les lignes téléphoniques et à se rendre directement dans les casernes de pompiers ou de gendarmerie pour toute urgence vitale.

L'ombre du cyclone Chido

Cet incident intervient dans un contexte de reconstruction sensible. Un an presque jour pour jour après le passage dévastateur du cyclone Chido (décembre 2024), qui avait détruit près de 90 % du réseau aérien, la résilience énergétique de Mayotte reste au cœur des préoccupations. Si la loi d'urgence de février 2025 a permis de rétablir les connexions de base, la panne d'aujourd'hui rappelle que le système électrique mahorais demeure à la merci du moindre incident technique.

EDM espère un retour complet à la normale avant minuit, afin que les familles mahoraises puissent entamer les veillées de Noël dans des conditions décentes.


Le conseil pratique : En cas de retour du courant, les autorités recommandent d'attendre quelques minutes avant de rebrancher les appareils sensibles (ordinateurs, téléviseurs) afin d'éviter les dommages liés aux éventuelles surtensions de rétablissement.

Entre espoirs de réformes et défis du quotidien en cette fin d'année

Alors que les festivités de Noël s'installent dans les archipels, les Outre-mer français traversent une période charnière. Entre les grandes manœuvres institutionnelles aux Antilles et dans le Pacifique, et une situation sociale qui demeure fragile, le bilan de l'année 2025 s'annonce contrasté.

Le chantier de l'autonomie en marche

C’est le dossier politique brûlant de cette fin décembre : la Guadeloupe a officiellement franchi une étape vers une possible évolution institutionnelle. Après des mois de débats, les discussions avec l’État ont repris au ministère des Outre-mer pour définir un cadre d'autonomie. L'objectif est clair : adapter les lois aux réalités du terrain, tout en laissant le dernier mot aux citoyens via une consultation prévue pour 2026.

En Nouvelle-Calédonie, l'heure est au report. Les élections provinciales, initialement prévues cette année, ont été décalées à juin 2026. Le territoire cherche toujours un consensus fragile sur le projet d'accord de « Bougival », dans un climat politique qui reste extrêmement polarisé.

Une vie quotidienne sous tension

Sur le plan social, la lutte contre la vie chère reste le dénominateur commun. Une proposition de loi sénatoriale fait actuellement couler beaucoup d'encre : elle vise à plafonner le prix des billets d'avion pour les résidants, un enjeu vital pour la continuité territoriale.

La sécurité demeure également une préoccupation majeure, particulièrement en Martinique, où le bilan des homicides a atteint des sommets cette année, poussant les autorités à renforcer drastiquement la présence policière dans les zones urbaines pour les fêtes. À Mayotte, c'est l'instabilité des infrastructures qui inquiète, avec des coupures d'électricité massives signalées ce 23 décembre, rappelant la vulnérabilité du réseau un an après le passage dévastateur du cyclone Chido.

Un Noël sous le signe de la tradition

Malgré ces tensions, l'ambiance des fêtes reprend ses droits :

  • À La Réunion, les étals débordent de letchis malgré une météo capricieuse qui a placé le nord de l'île en vigilance orages.

  • En Polynésie, on célèbre encore le rayonnement international avec l'inscription des îles Marquises au patrimoine mondial de l'UNESCO.

  • En Guyane, les festivités se préparent dans un contexte de vigilance accrue sur les frontières.

Le chiffre à retenir : -20 % C'est la baisse de fréquentation touristique observée en Guadeloupe pour ce Noël 2025, conséquence directe d'une offre aérienne réduite et d'un contexte social encore convalescent.

 

​Mairie de Koungou : Assani Saindou Bamcolo condamné à l’inéligibilité

Coup de tonnerre à l’Hôtel de Ville de Koungou. Le maire Assani Saindou Bamcolo, figure historique de la municipalité depuis 2014, vient d'être condamné ce mardi 16 décembre 2025 à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire. Ce verdict marque un tournant judiciaire et politique majeur pour la deuxième commune la plus peuplée de Mayotte.

​Une condamnation pour favoritisme

​Après plusieurs mois d'enquête, le tribunal correctionnel de Mamoudzou a rendu son délibéré dans l'affaire de gestion des marchés publics qui visait l'édile. Assani Saindou Bamcolo a été reconnu coupable de favoritisme et de détournement de fonds publics.

​Le tribunal a prononcé une peine de :

  • Deux ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis ;
  • 18 000 euros d'amende ;
  • Cinq ans d'inéligibilité.

​Une déchéance immédiate du mandat

​La particularité de ce jugement réside dans l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité. Contrairement à une procédure classique où l'appel suspend la sanction, l'exécution provisoire impose l'application immédiate de la perte du mandat.

​En conséquence, Assani Saindou Bamcolo doit quitter son fauteuil de maire sans attendre un éventuel second procès. La préfecture de Mayotte devrait officialiser sa démission d'office dans les prochains jours par arrêté préfectoral.

​Une ville en attente de transition

​L'intérim de la mairie devrait être assuré par la première adjointe, Tayza Abdallah, en attendant que le conseil municipal se réunisse pour élire un nouveau maire au sein de la majorité actuelle. Ce basculement intervient dans un climat social tendu, où les enjeux de sécurité et d'aménagement restent les priorités des administrés de la commune.

À lire aussi : Quel avenir pour la Communauté d'Agglomération du Grand Nord dont Assani Saindou Bamcolo assurait également la présidence ?

 

​Comores : Entre deuil et tensions électorales, Mohéli et Anjouan sous haute pression

PAR NOS CORRESPONDANTS À FOMBONI ET MUTSAMUDU Publié le 18 décembre 2025

Alors que l’Union des Comores se prépare pour le scrutin législatif de janvier 2025, l’archipel traverse une zone de fortes turbulences. Entre la colère populaire qui gronde à Mohéli après la mort d’un jeune détenu et un désenchantement politique marqué à Anjouan, le climat social est plus que jamais à vif.

​Mohéli : Le choc et la colère après « l’affaire Akbar »

​L’île de Mohéli est devenue, ces derniers jours, l’épicentre de la contestation. La mort en détention du jeune Akbar (Akibarou Issoufa) a mis le feu aux poudres. Ce mardi 16 décembre, la capitale Fomboni a été le théâtre d’affrontements d’une rare intensité.

​Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants réclamant « justice pour Akbar ». La famille du défunt, par la voix de ses avocats, n’hésite plus à parler de « crime d’État », dénonçant les conditions nébuleuses de ce décès survenu en captivité. Malgré les appels au calme de la gouverneure de l’île et le déploiement de la Gendarmerie nationale pour « garantir la paix », la tension reste palpable dans chaque quartier.

​Anjouan : Entre meetings électoraux et méfiance citoyenne

​À Anjouan, l'ambiance est différente mais tout aussi complexe. Si la campagne électorale pour les législatives du 12 janvier bat son plein, elle peine à masquer un profond sentiment de lassitude. Tandis que certains candidats multiplient les meetings à Mutsamudu et Domoni, une large partie de la population affiche un scepticisme croissant.

​Les enjeux sont pourtant majeurs pour l'île qui compte 12 sièges à pourvoir. Cependant, le quotidien reste marqué par la « vie chère », les salaires parfois impayés et une bureaucratie jugée défaillante. De nombreux Anjouanais disent se sentir déconnectés d'un processus électoral qu'ils jugent, pour beaucoup, déjà joué d'avance en faveur du pouvoir central.

​Un archipel à la croisée des chemins

​Au-delà des crises locales, les deux îles partagent des préoccupations communes :

  • Santé publique : Le lancement récent du projet d'Assurance Maladie Généralisée (AMG) est observé avec espoir mais aussi prudence, tant le système de santé comorien a été malmené par les épidémies récentes (choléra, dengue).
  • Sécurité routière : Un drame routier ayant fait 11 morts en novembre dernier a rappelé l'urgence d'une rénovation des infrastructures, particulièrement dégradées sur l'île d'Anjouan.
  • Surveillance internationale : Le gouvernement français et les organisations internationales ont relevé leur niveau de vigilance, conseillant aux voyageurs la plus grande prudence face aux risques de manifestations soudaines.

​À moins de quatre semaines du premier tour des législatives, les Comores retiennent leur souffle. Entre la soif de justice à Mohéli et l'attente d'un renouveau social à Anjouan, le pays semble chercher une issue pacifique à une crise qui menace la stabilité de l'archipel.

 

​Outre-mer : Entre quête d'autonomie et défis sécuritaires, le bilan de fin d'année

Alors que l’année 2025 touche à sa fin, les territoires d'Outre-mer sont au cœur d'une actualité dense. Entre les discussions historiques sur l'évolution institutionnelle en Martinique, la mise en œuvre du plan de refondation à Mayotte et la lutte nationale contre le narcotrafic, les défis restent majeurs pour l'exécutif et les élus locaux.

Par Rédaction Outre-mer Publié le 18 décembre 2025

​Le chantier de l'autonomie en Martinique

​Le dossier institutionnel a franchi une étape décisive ce mois-ci. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a officiellement ouvert les consultations sur l’avenir de la Martinique. L'objectif est de définir un nouveau modèle de gouvernance qui permettrait à l’île de disposer de plus de leviers de décision locaux. Si les élus saluent une « avancée historique », les discussions restent suivies de près par les acteurs économiques, soucieux de la stabilité du cadre juridique.

​Mayotte : La reconstruction un an après le cyclone Chido

​À Mayotte, l'heure est au bilan et à la résilience. Un an après le passage dévastateur du cyclone Chido en décembre 2024, le département le plus pauvre de France entame sa transformation. Le plan de refondation, doté de 4 milliards d’euros, entre dans sa phase active. Les premiers chantiers prioritaires concernent la sécurisation de l'approvisionnement en eau potable et le renforcement des infrastructures de sécurité, dans un contexte migratoire toujours complexe.

​Sécurité : L'urgence du narcotrafic

​Le gouvernement a durci le ton cette semaine face à l'explosion de la violence liée au trafic de drogue. Lors de son audition à l'Assemblée nationale, le ministre des Armées et de l'Outre-mer, Sébastien Lecornu, a rappelé que les Antilles et la Guyane sont en première ligne. Une nouvelle stratégie de lutte a été déployée pour briser les réseaux criminels qui, selon le ministre, génèrent une « criminalité ultra-violente » menaçant l'ordre public sur ces territoires.

​Économie : L'inquiétude de la « taxe transport »

​Dans les couloirs du Parlement, les débats budgétaires pour 2026 cristallisent les tensions. Les députés ultramarins font bloc contre l'augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d'avion. Pour de nombreux élus, cette mesure est un frein direct à la continuité territoriale et pourrait aggraver le coût de la vie, déjà au plus haut à La Réunion comme aux Antilles.

​En bref

  • La Réunion : Le secteur maritime reprend des couleurs avec l'arrivée d'un nouveau dock flottant de 24 millions d'euros, visant à faire de l'île un hub de réparation navale dans l'océan Indien.
  • Environnement : En Martinique, l'extension de la réserve de la Caravelle marque une victoire pour la protection de la biodiversité face à l'urbanisation galopante.

📰 Actualité Outre-mer : Ce Qu'il Faut Retenir le 15 Décembre 2025

Paris, France – L'actualité des territoires d'Outre-mer en ce 15 décembre 2025 est marquée par un ensemble de situations allant de drames sociaux aux avancées sécuritaires, en passant par des défis environnementaux et commémoratifs.

​🇫🇷 Mayotte : Drame et Commémoration

​L'île de Mayotte est en deuil suite à l'agression mortelle d'un adolescent de 15 ans à l'aide de barres de fer dans le sud de Mamoudzou. Ce nouveau drame met une fois de plus en lumière les tensions et les problèmes de sécurité que rencontre le territoire. Parallèlement, l'île se tourne vers le passé avec des événements commémoratifs pour marquer le premier anniversaire du cyclone Chido. Un colloque est organisé pour évaluer les efforts de reconstruction post-cyclone, en présence de la Ministre des Outre-mer, venue évaluer les progrès réalisés.

​🇷🇪 La Réunion : Modèle de Santé et Vigilance Météo

​À La Réunion, les projecteurs sont braqués sur la santé publique. L'île est saluée comme un modèle national dans la lutte contre le syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF), avec une baisse notable du nombre d'enfants touchés, confirmant le succès des campagnes de prévention locales.

​Côté météo, une vigilance jaune pour vent fort a été émise sur le sud de l'île, tandis que des travaux de nuit sur la RN1 à Saint-Paul impactent la circulation. Un fait divers a ému les habitants : un père a aidé son enfant à naître dans sa voiture à Saint-André.

​🌴 Tensions Sociales et Environnementales Ailleurs

  • Wallis-et-Futuna connaît un mouvement social qui paralyse les services administratifs de l'agence de santé de Mata-Utu, bien que la continuité des soins soit assurée.
  • ​En Nouvelle-Calédonie, la préoccupation écologique grandit face à la raréfaction des tortues grosses têtes, victimes notamment du braconnage.

​🌍 Saisie Record et Débat Démographique National

​Au niveau régional, la Marine nationale a réalisé une saisie majeure dans le canal du Mozambique, interceptant un navire et confisquant 930 kg de méthamphétamine, un coup dur porté au trafic de stupéfiants.

​Enfin, sur le plan politique national, l'Assemblée nationale poursuit ses travaux sur la natalité, avec une attention particulière portée à la situation démographique des Outre-mer lors d'une prochaine audition.

 

 

​Les Outre-mer au cœur de l'actualité : de l'avenir institutionnel aux défis sociaux et climatiques

PARIS, le 13 décembre 2025 – Les territoires français d'Outre-mer sont actuellement en ébullition, confrontés à une série de défis majeurs allant des discussions sur leur avenir institutionnel à la gestion des risques climatiques et des crises sociales. La diversité des enjeux met en lumière la singularité et la complexité des situations ultramarines.

​🇫🇷 Institutionnel : l'heure des grandes réformes

​L'agenda politique est dominé par des chantiers institutionnels cruciaux. En Martinique, la ministre des Outre-mer a officiellement lancé les travaux sur l'avenir institutionnel du territoire. Simultanément, en Nouvelle-Calédonie, l'État a désigné une mission de facilitateurs pour relancer le dialogue sur l'avenir post-référendaire de l'archipel, dans l'attente d'un accord global.

​Ces démarches soulignent la volonté de l'État de répondre aux aspirations locales tout en assurant l'équilibre et la stabilité de ces territoires.

​⛈️ Urgence climatique et crises sociales

​Le défi climatique reste une préoccupation majeure. La saison cyclonique 2025 dans l'Atlantique, bien que moins active, a été marquée par des phénomènes d'une violence record, incitant La Réunion à renforcer sa préparation. L'impact humain est également lourd, comme en Polynésie française où un glissement de terrain tragique à Afaahiti (Tahiti) a coûté la vie à sept personnes.

​Sur le plan social, Mayotte continue de faire face à une situation complexe, avec un an après le cyclone Chido. L'examen du projet de loi d'urgence pour le territoire se poursuit au Parlement.

​📚 Éducation et Développement

​Des avancées notables sont enregistrées dans le domaine social et éducatif. La signature du premier plan interministériel de prévention et de lutte contre l'illettrisme et l'illectronisme en Outre-mer vise à réduire les inégalités d'accès à la connaissance. Un élan positif est également observé en Guyane, où les premiers résultats du Plan Lecture confirment une remontée encourageante dans l'apprentissage de la lecture.

​Par ailleurs, la crise de la compagnie Air Antilles, clouée au sol, a mis en lumière la précarité des liaisons aériennes inter-îles, laissant des milliers de passagers dans l'incertitude et exposant des dérives dans le secteur du transport ultramarin.

​En résumé, les Outre-mer abordent la fin de l'année 2025 entre la nécessité d'une stabilité institutionnelle et l'urgence de faire face à des défis structurels, qu'ils soient climatiques, sociaux ou logistiques.

 

 

🗞️ Flash Info Outre-mer : Dialogue Institutionnel et Défis Démographiques

PARIS / OUTRE-MER – L'actualité récente des territoires d'Outre-mer est marquée par des initiatives gouvernementales ciblées, notamment sur les enjeux institutionnels en Nouvelle-Calédonie, ainsi que par les défis sociétaux et démographiques spécifiques à chaque région.

1. 🇫🇷 Nouvelle-Calédonie : Relance du Dialogue

Face à la persistance des tensions et pour stabiliser l'avenir institutionnel après les trois référendums, le gouvernement français a décidé d'envoyer une mission de facilitateurs en Nouvelle-Calédonie. Cette mission, mandatée par le Premier ministre et la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, vise à appuyer la poursuite du dialogue entre les acteurs locaux. Cette démarche souligne la priorité accordée par Paris à une solution politique concertée pour le territoire du Pacifique.

2. 🌍 Défis Démographiques et Sociaux Contrastés

Les territoires ultramarins font face à des dynamiques de population diamétralement opposées :

  • Vieillissement Accéléré : La Martinique et la Guadeloupe connaissent une très forte "géronto-croissance" (vieillissement de la population), posant des défis majeurs en matière de santé, de dépendance et de renouvellement de la population active.

  • Forte Croissance : À l'inverse, la Guyane et Mayotte affichent une croissance démographique exponentielle, qui met sous tension les infrastructures, l'éducation et l'emploi.

3. 🎯 Actions Gouvernementales et Cohésion Territoriale

Sous l'impulsion de la nouvelle ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, nommée en octobre, plusieurs actions transversales ont été lancées :

  • Lutte contre l'Illettrisme : Un premier plan interministériel de prévention et de lutte contre l'illettrisme et l'illectronisme a été signé, s'attaquant à un enjeu crucial pour l'insertion sociale et professionnelle dans ces territoires.

  • Développement Local : L'Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT) continue de soutenir le développement local à travers des programmes comme Action Cœur de Ville, Petites Villes de Demain, et Villages d'Avenir, qui concernent l'immense majorité des communes des DROM et des collectivités d'Outre-mer.

En conclusion, l'agenda de l'Outre-mer est actuellement structuré par des efforts pour résoudre les questions institutionnelles complexes (Nouvelle-Calédonie) et pour apporter des réponses concrètes aux défis sociaux et démographiques hétérogènes des Antilles, de l'Océan Indien et de l'Amazonie française.

Quel jeu joue Poutine et Azali ?

📰 Article de Presse : La Russie s'immisce dans la querelle France-Comores autour de Mayotte

Moroni/Paris - Océan Indien - La dynamique géopolitique dans l'océan Indien est en pleine mutation, marquée par le renforcement des liens entre la Russie et les Comores et une exacerbation des tensions diplomatiques avec la France, principalement centrées sur le statut de l'île de Mayotte.

La Russie, dans le cadre de sa stratégie d'influence globale et de déstabilisation des positions occidentales en Afrique, a clairement affiché son soutien à la revendication comorienne de souveraineté sur Mayotte, territoire ultramarin français.

🇷🇺 Poutine souffle sur les braises de la discorde

  • Soutien Actif sur Mayotte : Moscou a réitéré, par l'intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères, des critiques acerbes sur la présence française à Mayotte, qualifiant le contrôle français d'« illégitime » et citant des résolutions onusiennes passées non reconnues par Paris.

  • Renforcement de la Coopération Bilatérale : Cette prise de position s'accompagne d'un approfondissement des liens avec Moroni, notamment dans les domaines économique et sportif. Les deux pays prévoient de célébrer en grande pompe le cinquantenaire de leurs relations diplomatiques, la Russie ayant également offert son aide pour la mise en œuvre du Plan Comores Émergent et l'organisation des Jeux des îles de l'océan Indien 2027.

  • Objectif de Déstabilisation : Les analystes y voient une manœuvre stratégique russe visant à exploiter le "point faible" que représente la crise de Mayotte (insécurité, immigration clandestine) pour affaiblir l'influence et la crédibilité de la France dans la région.

🇫🇷 Mayotte, épicentre de la crise

La France, qui considère Mayotte comme un département à part entière, est confrontée à une crise migratoire et sécuritaire majeure. L'afflux de migrants comoriens, couplé à des opérations françaises d'expulsion (telles que l'opération "Wambushou"), a généré des tensions diplomatiques intenses, les Comores ayant refusé de réadmettre leurs ressortissants sans papiers dans certains contextes.

Si la France demeure un partenaire économique essentiel pour les Comores, les relations sont désormais traversées par cette rivalité géopolitique où la Russie s'invite en nouvel allié de poids pour Moroni, utilisant la question de Mayotte pour marquer des points contre l'Occident.

les enjeux géopolitiques avec les réalités socio-économiques

📰 Article de Presse : Mayotte, le point de friction économique et géopolitique

Moroni/Saint-Denis - Océan Indien - La crise autour de Mayotte a basculé du différend bilatéral franco-comorien à un enjeu de rivalité mondiale. Le soutien politique de la Russie aux Comores concernant la souveraineté de l'île vient complexifier une situation déjà explosive, marquée par une crise migratoire et une dépendance économique paradoxale.

📉 L'Économie Comorienne prise au piège

L'Union des Comores, malgré sa posture diplomatique ferme, demeure structurellement dépendante de sa voisine française :

  • Ligne de Vie de la Diaspora : L'économie comorienne, majoritairement agricole et peu diversifiée, repose de manière cruciale sur les transferts de fonds de la diaspora, dont une large part provient des Comoriens installés à Mayotte et en France métropolitaine.

  • Partenariat Français Incontournable : La France, via l'Agence Française de Développement (AFD), reste un pourvoyeur majeur d'aide au développement et d'investissements dans des secteurs vitaux comme l'éducation et la santé, essentiels pour la réalisation du Plan Comores Émergent 2030.

  • Pression Économique et Politique : Le gouvernement comorien est accusé d'instrumentaliser la migration comme un levier politique. En refusant de réadmettre sans identification les migrants expulsés de Mayotte, Moroni maintient la pression sur Paris, utilisant le flux vers Mayotte comme une soupape de sécurité économique et un argument de négociation.

🇫🇷 Mayotte au bord de l'implosion

L'île française subit de plein fouet les conséquences de cette crise migratoire instrumentalisée :

  • Démographie Sous Tension : Près de la moitié de la population de Mayotte serait en situation irrégulière, majoritairement d'origine comorienne, saturant les infrastructures et les services publics.

  • Crise Sociale et Sécuritaire : Cette surpopulation non maîtrisée alimente un chaos social caractérisé par l'insécurité, l'insalubrité et la pauvreté, mettant le département à rude épreuve.

  • Réponses Radicales : Face à cette urgence, Paris a durci le ton avec des opérations d'expulsion ciblées comme "Wuambushu" et une proposition choc de supprimer le droit du sol à Mayotte pour endiguer l'attractivité de l'île pour l'immigration clandestine.

geopolitical 🇷🇺 La Russie en arbitre non désiré

L'intervention de Moscou, qui s'aligne publiquement sur la revendication comorienne, transforme le différend en un élément de la guerre d'influence globale en Afrique. La Russie utilise le chaos social à Mayotte pour déstabiliser la France et mettre en lumière ses difficultés à gérer ses territoires ultramarins.

Ce contexte rend toute désescalade difficile : les Comores utilisent l'appui russe pour consolider leur position, tandis que la France doit gérer à la fois l'urgence sociale à Mayotte et l'ingérence d'une puissance rivale dans son pré carré.


Voulez-vous que je recherche des déclarations officielles récentes du Quai d'Orsay ou du Ministère comorien des Affaires étrangères concernant le droit du sol ou la coopération avec la Russie ? C'est noté. Les recherches confirment les développements législatifs français et les réactions comoriennes, notamment sur la question du droit du sol.

Voici un résumé des déclarations et de l'évolution récente des mesures françaises, qui a directement attisé les tensions avec les Comores :

🇫🇷 La France Légifère et les Comores s'indignent

La mesure la plus marquante de l'actualité récente est la loi française visant à modifier les conditions d'accès à la nationalité française à Mayotte, souvent qualifiée de suppression du droit du sol.

 

Mesure FrançaiseRéaction ComorienneAnalyse de l'ImpactLoi du 12 mai 2025 : Loi visant à renforcer les conditions d'accès à la nationalité française à Mayotte. Elle restreint l'acquisition de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte de parents étrangers.Indignation et revendication : Le Ministère des Affaires étrangères comorien a estimé que cette loi remettait en cause la « soi-disant appartenance de l'île de Mayotte à la France ».Instrumentalisation Diplomatique : Moroni utilise cette mesure d'exception (validée par le Conseil constitutionnel au nom des contraintes locales) pour relancer sa revendication de souveraineté sur Mayotte, en dépeignant la France comme incohérente dans sa gestion du territoire.Durcissement des conditions : La loi exige désormais une ancienneté de séjour régulier d'un an minimum en France pour les deux parents (sauf cas de famille monoparentale) au moment de la naissance de l'enfant.Accusation d'Apartheid/Discrimination : Cette mesure est perçue comme une discrimination contre les Comoriens, allant à l'encontre des droits fondamentaux.Freiner l'attractivité : L'objectif affiché du gouvernement français (annoncé initialement par le Ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin) est de réduire l'attractivité de Mayotte pour l'immigration clandestine, perçue comme un facteur de dégradation sociale et sécuritaire.Opérations d'expulsion (ex. "Wuambushu") : Tentatives régulières et massives d'expulsion des clandestins, y compris les parents d'enfants nés à Mayotte.Blocage des réadmissions : Refus fréquent de l'Union des Comores d'accueillir les personnes expulsées sans papiers d'identité comoriens.Échec partiel de la politique française : Le blocage des réadmissions par Moroni contraint la France à des milliers d'expulsions d'enfants accompagnés et montre les limites de l'action unilatérale sans accord diplomatique.
 

 

TROP C'EST TROP????

📰 Article de Presse : Mayotte dit "Stop" et soutient l'abolition du droit du sol face à l'ingérence russe

Mamoudzou, Mayotte – La population mahoraise, confrontée à une crise migratoire et sécuritaire sans précédent, apporte un soutien massif aux mesures de fermeté de Paris, tout en dénonçant un sentiment d'abandon et l'ingérence géopolitique de la Russie.

Les Mahorais, citoyens français, sont les premières victimes du chaos social découlant de l'immigration clandestine. Ils jugent l'action de l'État souvent trop lente et inefficace.

Soutien Unanime à la Fermeté

Le point d'accord le plus fort concerne la nécessité de mesures drastiques :

  • Abolition du Droit du Sol : L'annonce de la révision constitutionnelle visant à restreindre l'acquisition de la nationalité à Mayotte a été accueillie avec enthousiasme par les élus et les collectifs citoyens. Pour eux, cette mesure est indispensable pour couper l'appel d'air qui attire les flux migratoires venus des Comores voisines.

  • Opérations Musclées : Les opérations de décasage et d'expulsion, comme l'ancienne opération "Wuambushu", bénéficient d'un large soutien populaire, perçues comme le seul moyen de rétablir l'ordre républicain face à la délinquance et à la saturation des services publics.

Rejet de l'Ingérence et Colère contre l'Abandon

L'opinion publique mahoraise se positionne fermement contre toute remise en cause de son statut français :

  • Rejet de la Revendication Comorienne : La population réitère son attachement indéfectible à la France, qu'elle a choisi par référendum, et rejette catégoriquement la souveraineté revendiquée par Moroni.

  • Indignation face à la Russie : Le soutien affiché par la Russie aux Comores dans ce dossier est vu comme une provocation et une ingérence inacceptable sur un territoire français, exacerbant le sentiment de vulnérabilité.

  • "Nous sommes Français" : Malgré les efforts du gouvernement, le sentiment d'être un citoyen de seconde zone et d'être abandonné face à la crise perdure. Les Mahorais exigent l'égalité républicaine en termes de sécurité, de santé, et d'éducation.

En résumé, Mayotte exige de Paris une double fermeté : sur sa frontière pour stopper l'immigration et sur la scène diplomatique pour rejeter l'ingérence étrangère et défendre son statut.

🛶 Le Marathon du Fleuve : La Guyane à Coups de Pagaie

Kourou, Guyane - La Guyane a vibré au rythme des pagaies lors de la dernière édition du Marathon du Fleuve, une course emblématique d'endurance en pirogue qui célèbre la culture fluviale et l'esprit sportif du territoire.

​Loin du bitume, cet événement nautique, organisé par l'équipe des Cariacous, est une épreuve de force et de stratégie se déroulant sur environ 42 kilomètres le long du fleuve Kourou.

​🏆 Faits Marquants de la Dernière Édition (5e édition - Mai 2024)

​L'édition la plus récente a vu de nombreux équipages s'affronter dans différentes catégories (pirogues traditionnelles, kayaks, va'a).

  • Vainqueur Individuel : Le pagayeur Gaëtan de l'ASPAG a de nouveau marqué la compétition en s'imposant dans la catégorie individuelle, soulignant sa domination dans la discipline.
  • Performance d'équipe : Parmi les participants notables, l'équipe des Kikiwis et des Boas a réalisé une belle performance, terminant à la 8ème place en un temps impressionnant de 3h31min.

​Le Marathon du Fleuve est bien plus qu'une simple course : c'est un véritable test d'endurance physique et mentale dans des conditions souvent exigeantes (chaleur, humidité, courant du fleuve). Il met en lumière l'importance de la pirogue comme moyen de transport et de compétition en Guyane, rassemblant sportifs, associations et spectateurs le long du parcours, du PK21 jusqu'à Kourou.

​📅 Vers la 6ème Édition

​Traditionnellement, le Marathon du Fleuve se tient au mois de mai.

​Bien que les détails officiels de la 6ème édition ne soient pas encore largement diffusés, l'événement devrait logiquement se dérouler en mai 2025. Les passionnés de sports nautiques en Guyane attendent avec impatience l'annonce officielle du parcours et des dates d'inscription.

 

📰 Les Outre-mer entre drame et plan d'action : ce qu'il faut retenir de fin novembre 2025

Paris, le 28 novembre 2025 – L'actualité ultramarine de cette fin de mois de novembre a été marquée par un événement tragique en Polynésie, mais également par l'engagement du Gouvernement à s'attaquer à des problèmes structurels majeurs, notamment l'illettrisme et les inégalités sociales.

​🇫🇷 Polynésie française : Un glissement de terrain meurtrier

​La Polynésie française a été frappée par un drame le 27 novembre. Un glissement de terrain majeur survenu à Afaahiti, sur l'île de Tahiti, a causé la mort de sept personnes, plongeant le territoire dans l'émoi.

​🏛️ Le Gouvernement intensifie la lutte contre les inégalités

​Le Gouvernement a fait de la réduction des inégalités dans les Outre-mer une priorité, en lançant deux initiatives phares :

  • Plan contre l'illettrisme et l'illectronisme : Le 26 novembre a été signé le premier plan interministériel de prévention et de lutte contre l'illettrisme et l'illectronisme en Outre-mer. Cet engagement inédit de l'État vise à garantir l'accès aux savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter) à tout âge de la vie, de la petite enfance au monde du travail, pour réduire des fragilités sociales et économiques qui freinent le développement des territoires.
  • Congrès des Maires : À la mi-novembre, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a rappelé la volonté de faire des territoires ultramarins un laboratoire d'innovation pour l'aménagement durable, notamment face au dérèglement climatique.

​📈 Régions : Violences et enjeux économiques

​L'actualité des autres territoires met en lumière des préoccupations sociales et des défis économiques :

  • Violences intra-familiales : La Réunion est pointée du doigt dans la presse locale, classée en deuxième position nationale pour le nombre de victimes de violences au sein du couple, malgré la mobilisation des acteurs locaux.
  • Coopération et développement : Les échanges se multiplient pour renforcer la coopération régionale, notamment dans le bassin Atlantique (Antilles-Guyane), avec la volonté de lutter contre l'insécurité et de miser sur des secteurs d'avenir (transport maritime, environnement, agroalimentaire). Par ailleurs, le Premier ministre a réaffirmé l'engagement du Gouvernement à soutenir le développement économique et la reconstruction, notamment à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie, via des dispositifs fiscaux ciblés.

​En résumé, les Outre-mer se trouvent à la croisée des chemins entre urgences locales (drame de Tahiti), préoccupations sociales récurrentes (violences, illettrisme) et une volonté politique affichée de développer leur potentiel économique et leur résilience face aux défis contemporains.

 

 

🗞️ Flash Info Outre-mer : Décisions Ministérielles et Enjeux Territoriaux au 26 Novembre 2025

​Saint-Clément, le 26 novembre 2025 – Le Conseil des ministres de ce mercredi a mis en lumière plusieurs dossiers stratégiques concernant les Territoires d'Outre-mer, notamment des avancées sociales pour Wallis-et-Futuna et des efforts d'intégration régionale dans les Caraïbes.

​Renforcement de l'Éducation à Wallis-et-Futuna

​L'archipel de Wallis-et-Futuna est au centre d'une réforme visant à améliorer la carrière et la reconnaissance salariale des enseignants du premier degré. Un projet de loi présenté en Conseil des ministres doit offrir de nouvelles perspectives professionnelles au personnel enseignant local, dans l'objectif affiché de consolider la qualité du service public d'enseignement sur le territoire.

​Intégration Régionale et Service Postal

​Sur le plan diplomatique, le gouvernement a approuvé un projet de loi autorisant l'adhésion à un protocole de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), renforçant l'ancrage de la France dans la région.

​Parallèlement, l'Assemblée nationale a examiné une proposition de loi d'importance sociale, cherchant à garantir l'égalité d'accès au service public postal dans l'ensemble des territoires ultramarins.

​Focus Territorial

​Les Outre-mer continuent de gérer des problématiques locales pressantes :

  • La Réunion : Une visite de la ministre Naïma Moutchou est attendue les jours suivants, dans un contexte de préparation aux risques cycloniques. Le territoire annonce par ailleurs l'inauguration prochaine d'un Institut du Sein pour améliorer la prise en charge oncologique locale.
  • Mayotte : Un recensement "hors norme" est actuellement mené pour établir une photographie démographique précise et répondre aux enjeux sociaux et migratoires. Des actions contre la fraude à l'emploi et la dissimulation d'activité se poursuivent.
  • Antilles : La lutte contre le trafic de stupéfiants reste intense. En Martinique, les autorités notent une augmentation préoccupante des violences faites aux femmes, avec un doublement des signalements en six ans, soulignant la nécessité d'une réponse sociale renforcée.

​L'actualité ultramarine de cette fin novembre est marquée par une double volonté : celle de l'État de renforcer l'équité des services publics et celle des territoires de gérer des défis endogènes complexes allant de la sécurité à la santé.

📰 Le Maire de Koungou Jugé pour Atteintes à la Probité suite à un Rapport de la CRC

Mamoudzou, Mayotte – Assani Saindou Bamcolo, le maire de Koungou, a comparu ce mardi 25 novembre 2025 devant le tribunal judiciaire de Mamoudzou pour des accusations de favoritisme, prise illégale d’intérêt et détournements de fonds publics.

​Des Marchés Publics dans le Viseur

​Les poursuites font suite aux révélations d’un rapport accablant de la Chambre Régionale des Comptes (CRC), publié en juin 2023. Les magistrats pointaient du doigt des conditions de passation de marchés publics "peu respectueuses de la réglementation en matière de commande publique."

​Le rapport mettait notamment en évidence un "recours excessif et injustifié aux marchés sans publicité ni mise en concurrence préalables." La CRC avait également déploré une liste de manquements, dont :

  • ​L’interruption des procédures sans motivation.
  • ​Le défaut de conservation des pièces de marché.
  • ​La qualification erronée de certaines offres.

​Selon le rapport, ces faits contreviennent au principe d’égalité de traitement des candidats et limitent leur accès à la commande publique. Lors de son audition devant la chambre, le maire s’était pourtant engagé à mettre en place des processus "unifiés et transparents."

​Un Risque de Perte de Mandat

​Si Assani Saindou Bamcolo est reconnu coupable en première instance, il risque de perdre son mandat. Son procès s’inscrit dans une série d’affaires similaires touchant des élus mahorais : en seulement trois ans, cinq personnalités politiques de l'île ont déjà été condamnées à des peines d'inéligibilité avec exécution provisoire pour atteintes à la probité.

​De plus, le maire est visé par une autre enquête menée par le Parquet National Financier (PNF) pour des soupçons de corruption et favoritisme liés à sa précédente fonction de président du Sidevam, le syndicat intercommunal de traitement des déchets.

 

​🇫🇷 Les Outre-mer en Ébullition : Insécurité, Urgence Sociale et Défis Institutionnels

PARIS/DOM-TOM, Novembre 2025 - L'actualité des territoires d'Outre-mer est marquée par une recrudescence des tensions et l'urgence de dossiers structurels, allant de l'insécurité chronique à Mayotte à la fragilité des infrastructures aux Antilles, tandis que la Nouvelle-Calédonie navigue dans une phase institutionnelle délicate.

​Mayotte : Le Cri d'Alarme contre la Violence

​L'île de Mayotte traverse une nouvelle période de vives tensions. Suite à des actes de délinquance, incluant l'incendie de véhicules à Mangajou au cours des derniers jours, les habitants ont érigé des barrages routiers pour exprimer leur exaspération face à l'insécurité et à la violence des bandes de jeunes. Cette crise, intimement liée à la gestion des flux migratoires et au mal-logement, met en lumière le décalage entre les promesses de la Loi de Programmation et la réalité du terrain.

​Antilles : Entre Chronique Judiciaire et Urgence Sociale

​Aux Antilles, l'actualité est doublement préoccupante. En Martinique, une nouvelle vague de violence armée a culminé avec plusieurs homicides et l'implication d'un enfant de trois ans, blessé lors d'une fusillade au Lamentin. La situation sécuritaire y reste critique.

​Parallèlement, la Guadeloupe continue de faire face à la fragilité de ses infrastructures, notamment en matière d'accès à l'eau potable. Des coupures d'eau régulières rappellent les défis structurels du territoire, tandis que les enjeux environnementaux, comme le projet de géothermie d'Albioma, suscitent la mobilisation des associations.

​Nouvelle-Calédonie : L'Avenir Institutionnel en Question

​L'archipel du Pacifique, après les trois référendums sur l'indépendance, se concentre sur les discussions relatives à son statut institutionnel futur. La récente visite de la Ministre des Outre-mer, Naïma MOUTCHOU, a souligné l'engagement de l'État à accompagner les élus locaux dans l'élaboration d'un nouveau pacte qui devra définir les contours de la souveraineté calédonienne au sein de la République.

​Un Dossier Transversal : La Lutte Anti-Narcotrafic

​Au niveau national, les Outre-mer sont identifiés comme des points stratégiques majeurs dans la lutte contre le trafic international de stupéfiants. Le gouvernement a réaffirmé sa volonté de renforcer les moyens pour faire face à ce fléau qui touche particulièrement les Antilles et la Guyane.

​En conclusion, la rentrée ultramarine 2025 est dominée par des crises d'urgence, imposant aux pouvoirs publics une réponse rapide et multidimensionnelle.

🚨 Mayotte : Nouvelles Tensions, Insécurité et Voitures Incendiées à Mangajou

Mayotte, 17 novembre 2025 - L'île de Mayotte est de nouveau le théâtre de graves troubles à l'ordre public et de manifestations de l'insécurité chronique, avec des incidents majeurs rapportés, notamment dans le secteur de Mangajou.

Les Faits : Violences et Barrages

​Dans la soirée du dimanche 17 novembre, des groupes de jeunes délinquants, parfois issus de villages voisins, ont perpétré plusieurs attaques à Mangajou, conduisant à d'importantes dégradations matérielles. Des vidéos et témoignages locaux font état de véhicules incendiés sur la voie publique, créant un climat de panique parmi les résidents.

​Ces violences s'inscrivent dans une vague d'insécurité persistante qui pousse régulièrement les habitants à bout. Pour dénoncer cette situation et exiger des mesures concrètes de l'État, des barrages routiers ont été érigés, notamment sur des axes cruciaux, paralysant la circulation et l'activité économique (bien que la mention spécifique d'un barrage récent à Sada ne soit pas confirmée par les dernières dépêches, le schéma des barrages citoyens est habituel).

Contexte de l'Exaspération

​L'exaspération de la population mahoraise, qui se sent méprisée et abandonnée face à la montée de la violence, est palpable.

  • Insécurité chronique : Les habitants dénoncent un niveau de violence et de délinquance considéré comme "jamais atteint", affectant la vie quotidienne, le bon fonctionnement des écoles (qui ont dû parfois suspendre les cours, comme à Kahani) et la sécurité des biens et des personnes.
  • Crise migratoire : Ces tensions sont fortement liées à la crise migratoire, les manifestations citoyennes visant souvent à dénoncer l'installation de migrants, notamment d'Afrique des Grands Lacs, et la présence de bidonvilles (bangas) perçus comme des foyers d'activités illégales.

Réponse des Autorités et Perspectives

​Bien que la réponse immédiate des forces de l'ordre soit difficile face à des violences dispersées, l'État a rappelé sa mobilisation sur le territoire.

  • Renforts : De nombreux renforts de gendarmerie et de police nationale ont été projetés ces derniers mois à Mayotte pour contenir les effets de la violence.
  • Loi de Programmation : Promulguée en août 2025, la Loi de programmation pour la refondation de Mayotte prévoit un investissement de près de 4 milliards d'euros sur plusieurs années, visant à la fois la lutte contre l'immigration illégale (durcissement des conditions de séjour), la lutte contre l'insécurité (avec un renforcement des capacités des forces de l'ordre) et le développement économique et social (fin de la rotation scolaire, construction de logements).

​Les habitants de Mayotte continuent d'attendre des résultats concrets et durables de ces mesures pour un rétablissement complet et pérenne de l'ordre et de la sécurité.

 

​🇫🇷 Mayotte au cœur de l'actualité : Défis sociaux persistants et avancée scientifique majeure

​Mayotte, le département le plus pauvre de France, reste confronté à une conjonction de crises structurelles, notamment dans les domaines social et éducatif. Parallèlement, le territoire est au centre d'une découverte géologique de portée mondiale, concernant son activité sismo-volcanique.

​🔬 Découverte d'un Réservoir Magmatique sous l'Île

​Une publication récente dans la revue scientifique Nature a mis en lumière la présence d'un réservoir magmatique important sous Mayotte. Cette découverte, fruit des analyses du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et d'autres partenaires, est potentiellement liée à la naissance du volcan sous-marin Fani Maoré en 2018.

​Les scientifiques estiment que ce réservoir pourrait contenir une proportion significative de liquide magmatique. Ce résultat place Mayotte au cœur de la recherche volcanologique mondiale et est crucial pour la compréhension de l'activité sismo-volcanique dans la zone, surveillée de près par le REVOSIMA (Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte).

​📚 Crise Éducative : L'Accès à l'École Entravé

​Le système éducatif de Mayotte est sous le feu des critiques, notamment dans un récent rapport d'organisations de défense des droits humains. Le territoire affiche les pires résultats scolaires de France.

​Les manquements sont persistants et ont été aggravés par les conséquences du cyclone dévastateur Chido (fin 2024). Le rapport souligne que de nombreux enfants n'ont pas accès à un enseignement à temps plein dans des conditions dignes. Les autorités nationales et préfectorales sont appelées à agir de toute urgence pour assurer l'application stricte de la législation nationale en matière d'inscription scolaire et garantir le droit fondamental à l'éducation, particulièrement pour les enfants les plus vulnérables.

​💧 La Question de l'Eau Toujours Cruciale

​Malgré les efforts et les plans d'urgence, la crise de l'eau continue de peser lourdement sur la vie quotidienne des Mahorais. Les faibles niveaux des retenues collinaires et la nécessité de maintenir des tours d'eau réguliers rappellent la fragilité de la ressource en eau sur l'île.

​🏛️ Loi de Refondation et Reconstruction

​La loi de programmation pour la refondation de Mayotte a été votée par le Parlement. Ce texte vise à apporter des réponses structurelles aux défis démographiques, économiques et sociaux de l'île. De plus, suite au cyclone Chido, des mesures de soutien et de reconstruction, comme le plan "Mayotte debout", sont en cours pour réparer les infrastructures et les logements endommagés.

En conclusion, Mayotte oscille entre une crise sociale profonde, touchant notamment l'éducation et l'accès à l'eau, et une reconnaissance scientifique grandissante de son environnement géologique actif, nécessitant une surveillance et des investissements soutenus de la part de l'État.

 

🇫🇷 Les Outre-mer au Cœur des Débats : Sécurité, Économie et Biodiversité

Paris, Novembre 2025 - L'actualité récente des territoires d'Outre-mer est dominée par des préoccupations majeures, notamment l'insécurité croissante, l'engagement gouvernemental pour le développement économique et les enjeux cruciaux de la biodiversité, le tout dans le cadre de rencontres institutionnelles importantes.

​🛡️ Un « Choc Régalien » Réclamé face à l'Insécurité

​Les élus ultramarins, réunis en amont du Congrès des Maires, ont unanimement tiré la sonnette d'alarme face à la hausse de la criminalité et de la délinquance, exacerbée par le narcotrafic. Lors d'une journée dédiée le 17 novembre, maires et sénateurs ont plaidé pour un véritable « choc régalien » afin de restaurer l'autorité de l'État.

​Les maires se sentent souvent « en première ligne » mais démunis, réclamant des moyens accrus pour la lutte, notamment l'amélioration de la coopération régionale judiciaire et policière, et le renforcement des frontières pour contrer les trafics.

​💰 Mobilisation Économique pour la Reconstruction et la Relance

​Le Gouvernement a réaffirmé son engagement en faveur du développement économique de chaque territoire d'Outre-mer. Des dispositifs d'incitation à l'investissement productif seront particulièrement mobilisés en 2026 pour deux objectifs prioritaires :

  • La reconstruction de Mayotte.
  • La relance de l'économie en Nouvelle-Calédonie.

​Parallèlement, des efforts sont faits pour moderniser les échanges commerciaux avec le déploiement continu du système douanier DELTA IE (Import-Export), dont de nouvelles livraisons correctives ont été mises en œuvre en novembre.

​🌿 Biodiversité et Restauration des Écosystèmes

​La préservation de l'environnement est également au centre des discussions. L'Office français de la biodiversité (OFB) a publié en novembre une synthèse mettant en lumière les enjeux ultramarins, notamment la restauration des cours d'eau et la nécessité de mobiliser les acteurs locaux via la « mise en récit » des initiatives réussies. Un rendez-vous avec les élus ultramarins a été organisé à Paris ce 19 novembre pour poursuivre cette dynamique.

​Ces rencontres et annonces soulignent la complexité des défis ultramarins, qui nécessitent une réponse coordonnée entre l'État, les élus locaux et les acteurs de la société civile pour conjuguer sécurité, prospérité économique et protection d'un patrimoine naturel exceptionnel.

 

 

 

 

​⚖️ Le Projet de Réforme du Droit du Sol à Mayotte

​En réponse à la crise migratoire et aux fortes tensions sociales, le gouvernement français a annoncé un projet de révision constitutionnelle ciblant spécifiquement les règles d'acquisition de la nationalité française par la naissance à Mayotte.

​L'Objectif de la Réforme

​Le but principal de cette modification est de rompre l'attractivité du département français, perçu par les migrants irréguliers comme une porte d'entrée pour que leurs enfants acquièrent la nationalité française et, par extension, l'accès aux droits sociaux nationaux.

​Ce que la Loi Propose de Changer

​Actuellement, le droit commun à Mayotte est déjà plus restrictif que dans le reste de la France métropolitaine :

  • Règle actuelle à Mayotte (depuis 2018) : Pour qu'un enfant né à Mayotte d'un parent étranger obtienne la nationalité française à sa majorité, au moins un de ses parents doit être en situation régulière sur le territoire français depuis au moins trois mois au moment de la naissance.
  • Le Projet de Révision Constitutionnelle : Le gouvernement envisage de rendre ce critère encore plus strict, en inscrivant dans la Constitution qu'un enfant né à Mayotte ne pourra acquérir la nationalité française à sa majorité que si au moins un de ses parents dispose d'un titre de séjour depuis une période plus longue et sous des conditions plus rigoureuses (par exemple, un an au lieu de trois mois, ou sous certaines catégories de titres de séjour).

​🚨 Les Implications Majeures

  • Nécessité d'une révision constitutionnelle : Pour modifier les règles d'attribution de la nationalité par naissance sur un territoire français, même si la loi ordinaire est déjà plus stricte à Mayotte, il est nécessaire de modifier l'article 72-3 de la Constitution. Cela nécessite un vote favorable des deux chambres du Parlement (Assemblée Nationale et Sénat) dans les mêmes termes, suivi d'un référendum ou d'un vote du Congrès (réunion des deux chambres) à la majorité des trois cinquièmes.
  • Controverses : Ce projet est très controversé.
    • Soutien local : Il est fortement soutenu par une grande partie des élus et de la population mahoraise, qui y voient un outil indispensable pour maîtriser les flux migratoires et restaurer l'ordre public.
    • Critiques : Les défenseurs des droits de l'homme, des juristes et une partie de l'opposition politique dénoncent une entorse au principe d'égalité républicaine et craignent la création d'une catégorie de citoyens de seconde zone qui pourraient se voir privés de la nationalité alors qu'ils sont nés sur le sol français.
  • Avenir incertain : La mise en œuvre de cette réforme dépend d'un long processus législatif et constitutionnel, et suscite d'intenses débats sur les valeurs et le modèle républicain français.

​Ce projet est la traduction politique de la volonté de durcir la réponse à la crise, en agissant sur le facteur d'attraction qu'est la nationalité française.

📰 Outre-mer : Face aux défis climatiques, la France mobilise ses atouts géopolitiques

Paris, le 14 novembre 2025 – Les territoires français d'Outre-mer (DROM-COM), qui assurent à la France sa présence stratégique sur les quatre océans, sont au cœur d'une actualité dominée par les enjeux climatiques et la lutte contre les inégalités sociales.

Urgence climatique et résilience

​L'adaptation aux conséquences du changement climatique est devenue une priorité absolue pour les collectivités ultra-marines. Des agences comme Météo-France travaillent à fournir de nouvelles projections climatiques hyper-localisées pour les Antilles, la Réunion et la Polynésie, cruciales pour l'aménagement du territoire face à l'élévation du niveau des mers et à la recrudescence des phénomènes extrêmes (cyclones et inondations).

​Le rôle de la France dans l'aide régionale a été récemment illustré par le déploiement des Forces Armées aux Antilles (FAA) pour prêter assistance aux pays voisins touchés par des ouragans, soulignant le rôle de l'Hexagone comme acteur de stabilité dans le bassin caribéen.

Persistance des inégalités sociales

​Malgré leur richesse biologique et leur potentiel économique, les territoires d'Outre-mer sont confrontés à des défis socio-économiques majeurs :

  • ​Les taux de chômage et de pauvreté restent très élevés (atteignant par exemple des niveaux alarmants à Mayotte), contrastant fortement avec les chiffres nationaux.
  • ​Le coût de la vie, notamment pour les produits alimentaires, reste une source de tension sociale et un facteur d'amplification de la précarité.

​L'État concentre ses efforts pour soutenir l'agriculture locale et la reconstruction post-cyclonique, tout en assurant la protection de la biodiversité des vastes Zones Économiques Exclusives (ZEE).

Un positionnement stratégique pour l'Indo-Pacifique

​Sur le plan géopolitique, les possessions françaises du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française) confortent la France dans son rôle de puissance de l'Indo-Pacifique. Les Forces Armées basées Outre-mer sont régulièrement engagées dans des missions de surveillance maritime et de coopération régionale, essentielles à la sécurité des routes maritimes et à la lutte contre les trafics illicites.

En Bref : Les Outre-mer sont à la fois des territoires stratégiques pour la France sur la scène mondiale et des zones vulnérables qui exigent des politiques spécifiques pour s'adapter au climat et corriger les fortes disparités socio-économiques.

🚨 Mayotte : entre reconstruction post-cyclonique et crise sociale structurelle

Mayotte, le département d'outre-mer le plus pauvre de France, reste sous haute tension. La situation est marquée par la difficile reconstruction après le passage du cyclone Chido début 2025, qui a exacerbé une crise sociale et migratoire déjà endémique.

​🌪️ Reconstruction et urgence sociale

​Le passage du cyclone Chido a laissé l'île exsangue au début de l'année. Les dégâts matériels sur les infrastructures (écoles, routes) et les logements, notamment les bidonvilles ("bangas"), ont été massifs.

​Malgré l'adoption d'une Loi d'urgence pour Mayotte en février 2025 (portant notamment sur l'aide à l'emploi et l'hébergement d'urgence) et la mise en place du plan « Mayotte debout », la reconstruction est lente. Des écoles vétustes sont submergées par la démographie galopante (jusqu'à 1 500 élèves par établissement), et des coupures d'eau restent une réalité quotidienne dans certains villages.

​⚖️ Une "Loi de Refondation" pour l'avenir

​Pour répondre aux défis structurels, le gouvernement a promulgué en août 2025 une Loi de programmation pour la refondation de Mayotte. Ce texte, qui prévoit près de 4 milliards d'euros d'investissements jusqu'en 2031, vise à la fois à :

  1. Lutter contre l'immigration et l'insécurité : En durcissant les conditions d'obtention de certains titres de séjour (portant le délai de résidence régulière pour le titre "parent d'enfant français" de 3 à 5 ans) et en renforçant la lutte contre l'habitat illégal.
  2. Accélérer la convergence sociale : En améliorant l'accès aux droits sociaux et en résorbant le déficit majeur d'infrastructures (éducation, santé, logement).

​🚧 Insécurité, Migration : une colère persistante

​L'insécurité, alimentée par la pauvreté extrême (77 % de la population sous le seuil de pauvreté) et la forte pression migratoire, demeure un point de friction majeur. Les agressions, les vols et les "caillassages" (jets de pierres sur les véhicules et forces de l'ordre) se multiplient, notamment en lien avec des bandes de jeunes déscolarisés.

​Des barrages routiers et des mouvements de colère ont continué d'émerger tout au long de l'année, traduisant l'exaspération d'une partie des citoyens mahorais qui estiment que l'État ne parvient pas à assurer leur sécurité et le respect des lois républicaines.

 

 

​🇫🇷 Mesures de Sécurité : L'Opération "Wuambushu"

​L'Opération "Wuambushu" (qui signifie "reprise" ou "chasse" en Shimaore) est une initiative de grande envergure lancée par le gouvernement français pour répondre à la crise sécuritaire, migratoire et de l'habitat insalubre à Mayotte.

​Objectifs Principaux

  1. Lutte contre l'immigration illégale : Expulser les étrangers en situation irrégulière, principalement des Comoriens, vers leur île d'origine.
  2. Lutte contre l'habitat insalubre : Démanteler et détruire les bidonvilles (appelés "bangas") où vivent une grande partie des migrants.
  3. Lutte contre la délinquance : Cible les "chefs de bande" et la criminalité organisée.

​Mise en Œuvre et Controverse

  • Moyens considérables : L'opération a mobilisé un nombre important de forces de l'ordre (CRS, Gendarmerie, RAID, GIGN) pour des contrôles d'identité, des interpellations et des opérations de démolition.
  • Obstacles juridiques et humanitaires : L'opération a fait face à des recours en justice de la part d'associations, entraînant des suspensions temporaires des démolitions de bidonvilles, car la loi exige souvent des solutions de relogement pour les familles. La Défenseure des droits et plusieurs associations ont exprimé des inquiétudes concernant le respect des droits fondamentaux, l'absence d'alternatives de logement suffisantes, et le sort des enfants qui pourraient être séparés de leurs parents expulsés.
  • Soutien local : Malgré les controverses, l'opération a bénéficié d'un soutien marqué d'une partie de la population mahoraise, en première ligne face à l'insécurité et à la saturation des services publics.
  • Prolongation : L'opération initiale a été prolongée et a donné lieu à des "versions" ultérieures ("Wuambushu 2") pour maintenir la pression sur la criminalité et l'immigration illégale.

​🌍 Contexte Diplomatique : France - Comores

​Le contexte diplomatique est la clé de voûte de la crise migratoire, car l'Union des Comores ne reconnaît pas la souveraineté française sur Mayotte.

​Le Nœud de la Souveraineté

  • Position française : Mayotte est un département français, suite à des référendums d'autodétermination (1974 et 1976) où la population locale a voté majoritairement pour rester au sein de la République, à l'inverse des trois autres îles de l'archipel (Grande Comore, Anjouan et Mohéli).
  • Position comorienne : L'Union des Comores considère Mayotte comme la quatrième île de son archipel et revendique sa souveraineté, s'appuyant sur le principe d'intégrité territoriale hérité de la décolonisation et soutenu par l'Union Africaine et l'ONU.

​Conséquences sur les Tensions

  1. Blocage des expulsions : L'Union des Comores a régulièrement refusé de laisser accoster les bateaux français transportant des Comoriens expulsés, notamment pendant l'Opération Wuambushu. Les Comores exigent que les personnes expulsées présentent des documents d'identité comoriens avant de les laisser débarquer, ce qui est souvent impossible pour les migrants qui les détruisent pour éviter l'expulsion. Ce blocage rend les opérations d'éloignement extrêmement difficiles pour la France.
  2. Entrave à la coopération régionale : Le différend territorial historique et non résolu rend difficile la mise en place d'une coopération efficace en matière de lutte contre les trafics (passeurs, kwassa-kwassa) et pour le développement de l'île voisine d'Anjouan, qui est la principale source de migration vers Mayotte.
  3. Ambivalence de l'aide au développement : La France fournit une aide au développement aux Comores, en partie pour tenter de lutter contre les causes profondes de l'immigration. Cependant, l'efficacité de cette aide est remise en question tant que le différend sur Mayotte n'est pas apaisé.

​Le bras de fer diplomatique est donc un facteur critique qui transforme un problème social et sécuritaire local en une crise politique internationale complexe.

 

 

Climat tendu au Lycée Lumière : quand la peur s’invite dans les classes

Kaweni – Les tensions entre élèves de quartiers différents perturbent de plus en plus le quotidien du Lycée Lumière. Bagarres, insultes et intimidations deviennent fréquentes, et certains enseignants craignent pour leur sécurité. Face à cette situation, certains envisagent même le droit de retrait, un dispositif légal qui leur permet de suspendre temporairement leur activité si leur sécurité est menacée.

La violence à l’école ne touche pas seulement les professeurs : elle impacte directement les élèves. Dans un climat de peur, apprendre devient un défi. Les autorités scolaires, les parents et les associations locales sont appelés à intervenir rapidement pour restaurer un environnement sûr et serein. Médiation, encadrement renforcé et activités de cohésion sont autant de solutions envisagées pour apaiser les tensions.


Témoignages

  • “On n’ose plus sortir de certaines classes sans avoir peur d’une bagarre,” confie un élève du lycée.

  • “Notre rôle est d’enseigner, pas de nous battre,” explique un professeur qui préfère garder l’anonymat.

Le Lycée Lumière et ses alentours sont à un tournant : il est urgent de trouver des solutions pour que la peur cesse et que l’école redevienne un lieu d’apprentissage et de respect pour tous.

Outre-mer : entre crises économiques et défis climatiques

Par Dahalane – 9 novembre 2025

Les territoires français d’outre-mer traversent une période critique. De la Nouvelle-Calédonie à Mayotte, en passant par la Guadeloupe ou la Réunion, les populations font face à des difficultés économiques, sociales et environnementales majeures.

Selon l’Institut d’émission des départements et territoires d’outre-mer (IEDOM), la consommation et l’emploi sont en recul dans la plupart des territoires. En Nouvelle-Calédonie, l’emploi privé a chuté de 17 % après les événements sociaux de mai 2024. À Mayotte, le taux de pauvreté atteint 77 %, tandis que le coût de la vie continue de peser lourdement sur les ménages.

Parallèlement, le changement climatique frappe fort : cyclones, sécheresses et recul du trait de côte menacent infrastructures et ressources. Les territoires ultramarins figurent parmi les plus exposés en France.

Sur le plan social, la violence et la criminalité augmentent dans certains territoires, tandis que l’État cherche à stabiliser la situation et à renforcer les services publics. Les débats sur l’avenir institutionnel, notamment en Nouvelle-Calédonie, restent très tendus.

Malgré ces difficultés, quelques territoires montrent des signes de résilience. La Polynésie française, par exemple, bénéficie d’un tourisme dynamique et d’infrastructures plus solides. Mais globalement, l’outre-mer français doit relever des défis structurels : réduire les inégalités, protéger les populations face aux catastrophes naturelles et soutenir l’économie locale.

L’avenir de ces territoires dépendra de la capacité de l’État et des collectivités locales à agir rapidement pour répondre à ces crises multiples, alors que des millions de citoyens vivent à des milliers de kilomètres de la métropole.

L'actualité de Mayotte en Direct

MAYOTTE AU BORD D'UNE GUERRE CIVIL

Outre-mer en alerte : économie, climat, et tensions sociales

Les territoires français d’outre-mer traversent une crise multiple. Chômage en hausse, inflation galopante et pauvreté frappent particulièrement Mayotte et la Nouvelle-Calédonie. Cyclones et sécheresses menacent infrastructures et ressources naturelles, plaçant ces territoires en première ligne face au changement climatique. La violence et la criminalité augmentent, tandis que l’État tente de stabiliser la situation. Seule la Polynésie française affiche une certaine résilience grâce au tourisme. L’outre-mer est à un tournant : ses habitants attendent des réponses rapides pour préserver leur avenir.

Culture et Traditions Mahoraises

Plongez au cœur de la richesse culturelle de Mayotte. Découvrez les traditions ancestrales, la musique envoûtante, la gastronomie savoureuse et l'artisanat unique de l'île. Nous mettons en lumière les événements culturels, les portraits d'artistes et les initiatives locales qui font rayonner Mayotte.

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